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Monsieur
le Président de la Conférence Générale
Je voudrais tout d'abord, au nom du Gabon, vous adresser
mes vives félicitations pour le choix porté par la Conférence
Générale sur votre personne et donc sur la République
Islamique d'Iran votre pays. Votre brillante élection et votre
longue expérience de l'Organisation, sont pour nous, le gage d'un
succès assuré de la direction de nos travaux au cours de
la présente session.
Madame la Présidente du Conseil Exécutif,
Permettez-moi de joindre mes compliments à
ceux qui vous ont déjà été adressés
et que vous méritez amplement ; compliments qui tous, soulignent
l'excellence du travail du Conseil tout au long de votre mandat.
Monsieur le Directeur Général,
Votre brillante élection il y a deux ans à la tête de
notre Organisation était un gage d'assurance, car, nous savions
que vous feriez bénéficier l'Unesco de la richesse de votre
longue et grande carrière diplomatique.
En effet, vous avez su avec perspicacité, justesse et tact, mener
le processus de réformes administratives que vous avez engagé,
notamment la décentralisation. Dans ce cadre, notre pays s'honore
d'abriter un bureau sous-régional.
Je voudrais au nom des plus hautes autorités de mon pays, le Gabon,
vous adresser nos remerciements et nos vives félicitations pour
le travail accompli.
Monsieur le Président, Honorables Délégués,
Les derniers événements survenus dans le monde ne sauraient
nous laisser indifférents et nous interpellent en tant que citoyens
du monde et davantage en notre qualité d'éducateurs. Ces
événements réaffirment la place prépondérante
de la paix et de la culture de la paix dans nos systèmes d'éducation
conformément à l'acte constitutif de notre organisation.
- La paix, parce qu'elle
est l'une des valeurs les plus chères à l'être humain.
- La paix, parce qu'elle
est le gage de tout développement.
- La paix,
parce qu'elle est le socle d'une démocratie véritable.
Pour avoir toujours prôné le dialogue,
la tolérance et la paix ; pour avoir souvent offert ses bons offices
et sa médiation dans la recherche des solutions aux conflits qui
déchirent depuis des nombreuses années, notre sous région
d'Afrique centrale et d'autres pays du continent, le Gabon par son Président
Hadj Omar Bongo, encourage l'Unesco à poursuivre ses efforts
de promotion de la paix et de la culture de la paix.
C'est dans cet esprit qu'il est important que tous les Etats membres
s'engagent résolument dans le combat contre : la pauvreté,
l'exclusion, l'injustice, les inégalités, le racisme qui
sont autant de maux qui compromettent lourdement la paix dans le monde.
Le thème et les résolutions de la récente Conférence
Internationale de l'Education de Genève : "apprendre à
vivre ensemble", devraient nous encourager à entrer dans
une nouvelle ère qui se veut, de réflexion collective, tournée
vers une paix partagée et une compréhension active entre
tous, susceptible d'humaniser la mondialisation au profit de la vie, de
la dignité de l'être humain et de l'inter culturalité.
Dans cette perspective, le Gabon, mon pays organisera l'an prochain, en
collaboration avec l'Unesco, une Conférence Internationale sur
le dialogue interculturel et la culture de la paix en Afrique centrale
et dans la région des grands lacs.
Monsieur le Directeur Général, Distingués Délégués,
Le Gabon se réjouit de lorientation donnée à
notre Conférence et se félicite de la pertinence des thèmes
transversaux retenus, à savoir : lélimination
de la pauvreté et la contribution des technologies de linformation
et de la communication au développement de léducation,
de la science, et de la culture.
Ces thèmes donnent une orientation dynamique à nos programmes
dont nous souhaitons que les résultats soient à la hauteur
de nos espérances, surtout pour lAfrique dont la majorité
des Etats membres restent confrontés à de nombreuses difficultés
parmi lesquelles le chômage, la pauvreté, lanalphabétisme,
lendettement, les maladies endémiques dont le Sida et le
Paludisme, le trafic des enfants et le phénomène des enfants
de la rue.
Aussi est-il indispensable que lUnesco continue dencourager
les Etats membres à définir et à mettre en uvre
des politiques audacieuses en matière déducation et
de formation, qui prennent en compte les préoccu-pations de nos
systèmes éducatif.
Monsieur
le Président, Distingués Délégués,
Le Gabon qui appuie totalement le plan d'action du suivi de
Dakar, s'est engagé dans une politique de réformes profondes
de son système éducatif.
Pour ce faire, au plan structurel, on citera parmi les nombreuses mesures
prises :
- la généralisation de l'enseignement
pré-primaire sur l'ensemble du territoire, ouvert aux enfants
de 3 à 5 ans, aux fins de mieux les préparer à
entrer dans le cycle primaire avec de meilleures dispositions et dans
des conditions optimales de réussite ;
- l'optimisation des moyens d'éducation par
la rationalisation de la gestion des ressources tant infra structurelles
qu'humaines.
Ce programme étalé sur trois ans nous
a permis d'augmenter de manière significative les capacités
d'accueil à l'entrée du cycle secondaire, passant de 33%
à 66% des candidats au concours d'entrée en 6ème.
Dans un souci d'égalité de chances en matière d'éducation,
le Gabon a amorcé une politique de gratuité du manuel scolaire
par la distribution depuis deux ans de livres et guides pédagogiques
dans les disciplines fondamentales.
Plus de 900 000 livres et guides pédagogiques ont été
distribués aux élèves et aux enseignants des établis-sements
scolaires primaire et secondaire du secteur public.
Dans le domaine pédagogique, la réforme curriculaire initiée
tant dans le primaire que dans le secondaire général, avec,
notamment, l'approche modulaire par compétences, permettra l'adaptation
de nos programmes et contenus d'enseignement au contexte, ainsi qu'aux
besoins du marché de l'emploi.
Par ailleurs, au moment où nous prônons l'excellence, il
est important que nous préparions nos jeunes à la maîtrise
des nouvelles technologies.
C'est dans cette optique qu'un programme d'inté-gration de l'outil
informatique dans les établissements scolaires a été
conçu et l'expérimentation a déjà démarré
dans 25 des cents établissements secondaires publics du pays, grâce
aux 600 ordinateurs et imprimantes gracieusement mis à la disposition
du système éducatif par le Président de la République,
son Excellence El Hadj Omar Bongo.
L'objectif à terme est de couvrir les niveaux primaires et secondaires
publics du pays. Une dotation de même nature a été
également faite à l'endroit de tous les enseignants du secteur
universitaire.
Monsieur le Président, Honorables Délégués,
Notre système éducatif est encore confronté
à des problèmes spécifiques qui ont un impact négatif
sur son rendement. Il s'agit notamment de l'Education des filles et de
la santé de l'enfant.
S'agissant de la santé de l'enfant, il convient de souligner que
c'est aussi, un facteur déterminant dans la réussite scolaire.
C'est pourquoi, le Gabon, conformément aux engagements internationaux
pris en matière de lutte contre la pandémie du Sida, a fixé
comme priorité dès cette rentrée académique,
le développement en milieu scolaire, de la prévention et
de léducation en matière de
santé, particulièrement le VIH SIDA.
A cet effet nous mettons en place, dans tous les établissements
scolaires du primaire et du secondaire, des cellules anti Sida qui seront
les relais des actions du Programme National de la Lutte contre le Sida
(PNLS).
Sagissant de léducation des filles, il importe de souligner
que légal accès à lécole entre
garçons et filles est acquis. Dans le primaire les taux de scolarisation
sont respectivement de 50,42% de garçons et 49,58% de filles. Dans
le premier cycle secondaire ces taux sont de 51,32% pour les garçons
et 48,68% pour les filles. Cependant une forte déperdition est
enregistrée au niveau de la scolarité des filles dès
la fin du cycle primaire (23% en 1999). Par ailleurs, très peu
de filles optent pour des études scienfifiques (environ 10%).
Le Gabon, notre pays, a donc pris conscience de la nécessité
dune réelle prise en compte de léducation des
filles. Un cadre institutionnel est mis en place dès cette année
scolaire en vue dencadrer des actions spécifiques de promotion
de léducation des filles.
Les réformes éducatives ainsi amorcées, trouvent
leur prolongement au niveau de lenseignement supérieur dans
la priorité accordée à la recherche-développement,
qui se veut adaptée à nos réalités nationales,
dans les sciences exactes comme dans les sciences humaines.
Lorientation actuelle de nos pôles denseignement et
de recherches universitaires visent le rapprochement de nos institutions
universitaires avec le milieu socio économique.
Monsieur le Président, Distingués Délégués,
Le Gabon qui traverse depuis quelques années une grave crise économique
et financière a initié avec le concours des institutions
financières internationales, d'importantes réformes visant
la bonne gouvernance et l'efficacité de la dépense. C'est
cette nouvelle donne qui a rendu possible, entre autres, de nombreuses
réalisations évoquées plus haut, dans le secteur
éducatif, et ce malgré la raréfaction des ressources
budgétaires, découlant principalement de la trop grande
part du service de la dette dans le budget de notre pays, près
de 50%.
Cette situation intenable est encore aggravée par le fait que le
Gabon, seul Etat d'Afrique Noire à être encore classé
dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire,
n'est pas éligible au programme des pays très endettés.
Dans ces conditions, le Gabon sera bientôt confronté à
un choix cornélien : payer la dette ou éduquer et soigner
sa population.
Mesdames, Messieurs,
Distingués Délégués,
La tonalité résolument prospective du projet
de programme qui nous est soumis a également appelé notre
attention, sur les questions environnementales et la diversité
culturelle. Ainsi le Gabon appuie le projet de déclaration sur
la diversité culture proposée à la Conférence
Générale.
S'agissant d'autres aspects de la culture, le Gabon pays pluri-ethniques,
siège du Centre International des Civilisations Bantu, se réjouit
de l'importance accordée sous ses différentes formes, au
dialogue inter-culturel, gage d'une meilleure compréhension entre
les peuples.
Dans ce sens, notre pays organisera l'année prochaine, le Festival
International de la Mode Africaine (FIMA). Par cette rencontre le Gabon,
notre pays, voudrait offrir à la communauté internationale
un espace de dialogue inter intra-culturel où s'effaceront la couleur,
la race, la religion, et où s'exprimera pleinement le génie
de la créativité universelle.
Toute cette activité, témoigne de notre volonté et
de notre ferme détermination à conjuguer nos efforts avec
ceux de la communauté internationale, pour que nous ayons plus
que par le passé, des objectifs communs dans un monde où
la pauvreté, la maladie, l'ignorance, et plus grave encore, le
terrorisme, n'auront pas besoin de passeport ou de visa.
C'est, me semble-t-il, la claire conscience de ces impératifs qui,
en ouvrant les curs des uns aux autres nous rapprochera davantage
dans nos différences et nos spécificités, et nous
enseignera au contact d'autrui, parce que nous aurons appris à
le connaître mieux, ou moins mal, à le comprendre, à
le tolérer, à l'accepter, enfin, de partager les solutions
autant que les problèmes. Parce que nous aurons appris et choisi,
d'exprimer notre liberté essentielle : Vivre Ensemble.
Je vous remercie.
André Mba Obame .
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