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Fallait-il croire au miracle lorsque, dans les mois et les années qui
ont suivi la chute du mur de Berlin, un peu partout dans le monde, une
ferveur démocratique s'est exprimée au grand jour ? Elle l'a été avec
d'autant plus de force qu'elle avait été trop longtemps contenue. Avait-on
alors bien compris le sens et surtout mesuré la portée de cette profession
de foi ?
Cet emballement est, aujourd'hui, retombé. Certes, ici ou là, la démocratie
a marqué des points décisifs, s'est consolidée ; mais, le plus souvent,
à l'épreuve du temps, elle s'est singulièrement affadie. Ceux qui s'y
sont ralliés par calcul tout comme ceux qui l'ont défendue avec conviction
étaient, en effet, mal préparés, tant les choses se sont alors faites
dans la précipitation, à saisir le sérieux de leur engagement. La démocratie
n'est pas un slogan, elle est une exigence.
La sortie d'un régime autoritaire n'est pas toujours synonyme
d'entrée en démocratie, remarque M. Mayor (ancien Directeur
Général de l'UNESCO). Trop souvent, le désenchantement,
la désillusion affaiblissent rapidement une citoyenneté
qui n'aurait pas été assumée dans sa signification
profonde.
Des leçons que les pères fondateurs de l'UNESCO avaient
tirées de la seconde guerre mondiale, s'était dégagée
l'idée qu'entre autres causes majeures, susceptibles d'allumer
des conflits, il fallait retenir le reniement de l'idéal démocratique
de dignité, d'égalité et de respect de la personne
humaine. Ainsi, de toutes les agences spécialisées du
système onusien, l'Organisation se trouve-t-elle être la
seule dont l'Acte constitutif se réfère nommément
aux principes démocratiques.
La chute du mur de Berlin, en novembre 1989, a ouvert des perspectives
encourageantes au combat engagé pour la défense des valeurs
démocratiques. L'UNESCO a alors saisi sans tarder l'opportunité
qui s'offrait à elle de relancer le débat avec vigueur.
Au cours de la seule année 1990, elle a ainsi organisé deux
réunions Est-Ouest de journalistes, puis de scientifiques, et un
colloque sur le thème L'éducation et la démocratie.
Aujourd'hui placé sous les feux de la rampe, ce combat pour une
démocratie vivante, pour une gouvernance démocratique, s'inscrit
au cur même des actions que mène l'UNESCO pour imposer
une culture de paix et défendre l'idée d'un développement
intégré. Ces démarches font un tout. La démocratie,
juge M. Mayor, est sans nul doute le seul cadre approprié au développement
à visage humain. Il s'agit, de fortifier tout à la fois
la paix, le développement et la démocratie, qui forment
entre eux un triangle interactif. A son avis, aucune paix n'est viable,
aucun développement n'est durable, si les citoyens - tous les citoyens,
hommes et femmes - n'en sont pas les coauteurs, par leurs suffrages et
par leurs actions.
Citoyenneté
Par vocation éthique, l'UNESCO n'entend appuyer cette guidance démocratique
que sur la défense des grands principes démocratiques et non imposer à
quiconque un quelconque modèle démocratique. Il appartient, en effet,
à chaque société de trouver sa voie, compte tenu de ses spécificités culturelles
et historiques. A l'Organisation revient la tâche de donner chair à cette
notion dont le contenu varie souvent, ici ou là, au gré de considérations
politiques ou économiques.
Comme l'ont noté la Déclaration et le Plan d'action adoptés, en juin 1993
à Vienne en Autriche, par la Conférence mondiale des droits de l'homme,
textes qui s'inspiraient du Plan d'action mondial pour l'éducation aux
droits de l'homme et à la démocratie, mis au point, en mars 1993, à Montréal
au Canada, le plein respect et la promotion de tous les droits de l'homme
sont une composante primordiale de la démocratie (cf. Titre II, Chapitre
2).
L'ONU a, pour sa part, confié à l'UNESCO un rôle
capital dans l'élaboration, la mise en uvre et l'évaluation
des projets de son Plan d'action pour l'enseignement des droits de
l'homme, plan qui couvre la décennie 1995-2005. En la matière,
l'Organisation dispose désormais, pour les années à
venir, d'un cadre de références très complet et très
solide.
La liberté d'expression et son corollaire, la liberté de la presse, constituent
l'un des principaux fondements de la démocratie qui, plus généralement,
reposent aussi sur un état d'esprit, une mentalité de tolérance active
et de respect des autres. L'Organisation cherche ainsi à développer une
véritable culture de la démocratie comme elle s'y emploie en matière de
paix.
Ce faisant, elle n'a pas seulement en ligne de mire les pays en développement
où la mise en uvre des libertés politiques est liée à l'affirmation des
droits économiques et sociaux. Elle porte aussi son regard sur les pays
dits avancés dont le comportement démocratique est perfectible, s'agissant,
par exemple, des discriminations dont sont encore victimes les femmes.
De tous ces efforts et de toutes ces recherches devra se dégager, in fine,
la notion moderne de citoyenneté, qui n'est rien d'autre que l'aptitude
à vivre ensemble dans des sociétés de plus en plus multiculturelles. En
d'autres termes, l'Organisation est appelée à faciliter ainsi le passage,
dans les pratiques et dans les consciences, de la démocratie formelle
au vécu démocratique.
En étroite collaboration avec le Comité consultatif pour l'éducation à
la paix, aux droits de l'homme, à la démocratie, l'UNESCO assure, en la
matière, le suivi de la mise en uvre, dans les Etats membres, des instruments
normatifs et des plans d'action. A cette fin notamment, elle achève d'organiser
une série de conférences régionales destinées à évaluer les stratégies
nationales, voire à en élaborer de plus contraignantes.
Le Panel international sur la démocratie et le développement
que préside M. Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire
général de l'ONU et actuel secrétaire général
de la francophonie, vise à optimiser l'action de l'Organisation
en faveur d'une culture démocratique. Ce Panel considère
que la mondialisation est le plus important des défis auxquels
la démocratie et le développement doivent faire face, que
le déficit de justice et les carences en matière d'éducation
sont les deux obstacles majeurs sur le chemin de la gouvernance démocratique.
Lueur d'espoir quand même ? De nouvelles règles du jeu inter-national
semblent, aujourd'hui, timidement se dessiner comme en témoigne
la récente création du Tribunal pénal international
installé à La Haye aux Pays Bas. Des règles qui en
viennent parfois à placer la protection des valeurs communes à
l'humanité - droits de l'homme, liberté d'expression, tolérance
- au-dessus des intérêts strictement nationaux.
L'importance accordée à la promotion des droits de l'homme
et, partant, l'existence de systèmes de contrôle de leur
mise en uvre contribuent à entamer l'absolutisme du pouvoir.
Mais, selon le Panel international, l'affaiblissement de l'Etat n'entraîne
pas forcément un péril pour la démocratie, car il
a souvent pour effet d'accorder une place plus importante à 'individu.
Malgré tout, l'Etat souverain continuera d'être l'acteur
principal de la démocratie.
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Yehudi Menuhin et de jeunes musiciens lors des cérémonies du
50è anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme,
décembre 1998, UNESCO.

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L'apprentissage démocratique
Si l'UNESCO n'a pas pour vocation de concevoir des
modèles démocratiques au lieu et place de ses Etats membres
et de les leur livrer clés en mains, du moins apporte-t-elle sa
contribution aux efforts de tous ceux qui font l'apprentissage de la démocratie,
qui s'appliquent à donner du sens à des concepts trop souvent
galvaudés : droits de l'homme, liberté d'expression, tolérance.
Sa méthode passe inévitablement par l'éducation,
seul vecteur du changement des comportements et des modes de vie, porte
ouverte vers le développement et la démocratie.
C'est dans le cadre de la Stratégie adoptée, en mars 1990,
à Jomtien en Taïlande, par la Conférence mondiale sur
l'éducation pour tous, que l'Organisation a inscrit cette action
de longue haleine. L'apprentissage de la démocratie, en effet,
ne commence pas ex abrupto par le passage dans un isoloir et le dépôt
d'un bulletin de vote dans une urne ; à proprement dit, il démarre
lentement sur les bancs de l'école.
D'où l'intérêt que manifeste l'UNESCO pour semer les
germes de la culture démocratique dans les communautés préscolaires
et scolaires, avec le concours des parents et des enseignants. Comme cela
se pratique, par exemple, depuis les années 50, au Costa Rica,
à travers tout un éventail de méthodes et de supports
pédagogiques.
Cette éducation de base passe par la distribution de kits aux écoliers
pour les familiariser, par le biais du texte et de l'image, aux droits
et aux devoirs qui seront les leurs comme citoyens dans le monde de demain.
Elle passe aussi par la fabrication de journaux de classe, par des jeux
de simulation démocratique, par des jumelages entre établissements
pour acclimater les jeunes au monde extérieur, un monde qui doit,
peu à peu, cesser de leur apparaître comme étrange
ou menaçant.
Par le biais d'une sorte de Discours de la méthode, il s'agit
pour l'UNESCO d'inciter les autorités nationales à améliorer
les programmes et les manuels d'enseignement ainsi que la formation des
maîtres et les méthodes pédagogiques. A cet égard,
la Stratégie à moyen terme 1996-2001 met notamment l'accent
sur l'enseignement de l'histoire à condition qu'en soient écartés
préjugés et stéréotypes. De même, insiste-t-elle
sur l'enseignement des langues étrangères comme moyen privilégié
d'ouverture au monde et de compréhension interculturelle.
Pour diffuser son message, l'UNESCO utilise le réseau très
dense d'écoles et d'universités qui lui sont associées
tout comme ses chaires. Au titre du Plan d'action de la Décennie
de l'ONU pour l'ensei-gnement des droits de l'homme 1995-2005, elle a
élaboré de nombreux matériaux éducatifs. C'est
ainsi qu'elle a publié, en anglais et en français, une édition
révisée de Droits de l'homme : questions et réponses,
qu'elle a apporté son appui à la traduction en plus de 12
langues nationales de Démocratie : questions et réponses.
L'Organisation a aussi renforcé sa collaboration avec des organisations
non gouvernementales, comme Civitas, qui se consacrent à l'édu-cation
civique.
L'UNESCO a aussi lancé, en 1994, le Programme Philosophie et démocratie
qui s'est concrétisé d'abord par l'envoi d'un question-naire
sur l'état de l'enseignement de la philosophie auquel ont répondu
66 Etats membres, puis par des rencontres d'experts pour définir
des propositions d'action, enfin par la mise sur pied de réseaux
afin d'échanger réflexions et expé-riences en matière
de pédagogie, de manuels et de programmes.
Cette activité intellectuelle a notamment débouché
sur la constitution de réseaux Philosophie et démocratie
en Asie et Pacifique (APPEND), en Amérique latine, en Europe (EPEND),
et, en mars 1999, en Afrique (APHIDEM). Un projet similaire est envisagé
en 2001, pour les pays arabes. D'autre part, dans un ouvrage Agir pour
les droits de l'homme au XXIè siècle publié,
en novembre 1998, à l'occasion du 50è anniversaire de la
Déclaration universelle des droits de l'homme, des personnalités
appartenant aux domaines des sciences, de l'éducation et de la
culture ont, chacune, sur le sujet, formulé une proposition pratique.
Propagande et information
La défense de la liberté d'expres-sion
se trouve naturellement au cur des préoccupations de l'UNESCO.
Cette dernière a ainsi apporté un soutien financier et moral
au Réseau d'échange international pour la liberté
d'expression (IFEX), créé à l'initiative de plusieurs
organisations non gouvernementales et dont les activités intéressent
plus de 160 pays en développement ou en transition démocratique.
Opérationnel depuis septembre 1992, ce réseau d'information
électronique, accessible via l'Internet, sert aussi de réseau
d'alerte et d'intervention en cas de violations de la liberté
d'expression, et plus précisément de la liberté de
la presse.
A cet égard, au cours de la dernière décennie, l'Organisation
a marqué sa volonté d'être activement partie prenante
à la promotion des médias indépendants et pluralistes.
La table ronde informelle Est-Ouest des professionnels organisée
en 1990, et les cinq séminaires régionaux réunis,
entre 1991 et 1997, succes-sivement à Windhoek en Namibie, à
Alma-Ata au Kazakhstan, à Santiago au Chili, à Sanaa au
Yémen et à Sofia en Bulgarie, ont aidé les décideurs
et les journalistes eux-mêmes à prendre conscience de l'importance
de la liberté d'expression et de la libre circulation de l'information.
C'est notamment dans le cadre de l'urgence - situations de guerre ou d'après-guerre
- que l'UNESCO est intervenue avec détermination, tant est capital,
comme le soulignent les responsables de son Unité opérationnelle,
le rôle que jouent la propagande belliciste et l'incitation à
la haine dans le déclenchement et l'aggravation des conflits.
Ainsi, en liaison avec l'ONU et en collaboration avec les organisations
professionnelles, des actions ont-elles été conduites par
exemple dans la capitale du Burundi où une maison de la presse
a été ouverte, dans différentes régions de
l'ex-Yougoslavie où un programme SOS Médias a été
lancé qui visait à soutenir financièrement les médias
indépendants et à sensibiliser le public à l'importance
d'une information non partisane.
Assurer les transitions
Plus directement encore, l'UNESCO s'est fait un devoir
d'aider à la consolidation des processus démocratiques en
cours. Depuis la chute du mur de Berlin, elle a ouvert un nouveau chapitre
du dialogue Est-Ouest en tentant de faire émerger, notamment dans
les pays d'Europe centrale et orientale, une véritable culture
démocratique.
Même si, après dix ans de tran-sition, les résultats
ne sont pas encore à la hauteur de ses espérances, elle
n'a pas pour autant relâché ses efforts rassemblés
dans un Programme pour le développement de l'Europe centrale et
orientale (PROCEED). L'Organisation s'est aussi impliquée dans
le remodelage de l'ex-URSS, aidant, par exemple, l'Azerbaïdjan qui
a repris son indépendance, à moderniser l'azerbaïdjanais,
promu langue officielle à la place du russe, pour en faire un instrument
d'ouverture au monde.
L'UNESCO a suivi de près l'évolution des processus démocratiques
en cours dans les pays en développement, là où les
risques étaient les plus forts qu'ils ne soient pas conduits à
leur terme par manque d'éducation des élites et des populations.
Au Malawi, au lendemain des élections pluralistes de 1994, une
coopération a été instaurée avec l'Assemblée
Nationale et l'Université pour la formation de 89 parlementaires
dans quatre grands domaines dont celui de la gouvernance, de la démocratie
et des droits de l'homme.
L'UNESCO s'est aussi fait un devoir de crédibiliser et, partant,
d'accompagner certains processus de paix, qui, par la force des choses,
sont appelés à devenir des processus démocratiques,
tant les deux concepts sont étroitement liés l'un à
l'autre. Ainsi, au Salvador, au lendemain d'une longue et cruelle guerre
civile, un premier programme national a été mis en place
avec pour objectifs prioritaires, l'apprentissage de la citoyenneté
démocratique et le développement humain.
La démarche a été identique pour porter assistance
au peuple palestinien à la suite de la signature des accords d'Oslo
avec Isra‘l. Le programme d'action 1995-1999 a mis en place, entre autres
projets, la préparation d'un plan de cinq ans en matière
d'éducation, la réhabilitation d'écoles, la préservation
du patrimoine architectural et archéolo-gique de Bethléem.
Pour mener à bien sa tâche, l'UNESCO a besoin de s'appuyer
sur un solide partenariat. Il lui faut développer d'étroites
relations avec tous ceux qui, sur le terrain, uvrent au renforcement
des processus démocratiques : pouvoirs locaux, communauté
académique, insti-tutions financières, organisations intergouvernementales
et non gouvernementales, associations diverses.
Au travers d'une véritable politique de décentralisation
qui renforce le rôle des commissions nationales et des bureaux hors Siège
- c'est notamment le cas de celui de Mexico où est installée
l'Unité de la culture démocratique et de la gouvernance
- se dévoile toute la diversité et la richesse des expériences
démocratiques en cours. En définitive, l'UNESCO se trouve
en position d'assurer plus commodément, au nom d'une éthique
qui ne se confond pas avec des concepts abstraits, sa mission de guidance
démocratique.
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Un exemple
de Chaire UNESCO Santiago du Chili
et sa chaire de philosophie
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Multiplier les expériences de la pluralité
de la pensée dans des lieux d'excellence, tel était
le but de Federico Mayor lorsqu'il a créé les chaires
UNESCO de philosophie. La philosophie nous ouvre les fenêtres
du futur, aime-t-il à répéter.
Une chaire UNESCO de philosophie, c'est d'abord un pôle d'excellence
de la philosophie vivante, appuyée sur une tradition dont la
modernité n'est pas la pure répétition du même,
mais l'invention du nouveau. C'est ensuite un lieu privilégié
de circulation d'enseignants, de chercheurs et d'étudiants
de haut niveau, dans le partage des savoirs. C'est enfin une scène
de libre expression du dissensus - à l'image de la démocratie
-, qui accepte le pluralisme des références et des écoles
et cherche le dialogue au-delà de toutes les frontières.
De son lieu naturel qui est l'Université, la chaire a pour
vocation de confronter la rigueur de la réflexion philosophique
aux problèmes du monde actuel, et de la rendre accessible au
plus grand nombre, car elle est un élément essentiel
de la sensibilisation aux valeurs de la démocratie et de la
culture de la paix.
La première chaire UNESCO de philosophie a été
inaugurée à Santiago du Chili par Federico Mayor, en
mars 1996. Elle a pour thème : Espace public et expériences
de la pluralité. Son titulaire, Humberto Giannini, est professeur
de philosophie antique et médiévale. Sa philosophie,
qualifiée par Paul Ricur d'insolite et d'étonnante,
cherche à retrouver un sol commun en deçà de
l'expérience de la vie quotidienne pensée comme fragmentation,
routine et répétition. Il incarne la figure éthique
de la conscience chilienne, et mène un combat obstiné
pour la refondation de l'Université publique et des études
philosophiques dans son pays.
La chaire de Santiago du Chili s'est donnée pour objet de retravailler
les notions d'exercice du savoir, d'usage de la raison, de dialogue,
de vérité, de liberté, d'éthique, de démocratie,
de nation, d'identité. Un comité scientifique a été
constitué au sein de la chaire, il est composé de philosophes
chiliens et étrangers, auquel participent activement des étudiants.
La chaire a quatre séminaires permanents, qui se déplacent
en province et de l'autre côté des Andes (Argentine,
Uruguay). Elle organise des colloques internationaux (La tolérance,
Le secret en politique, etc) et accueille des manifestations des
programmes philosophiques de l'UNESCO (Philosophie et démocratie
dans le monde, Citoyenneté démocratique, éducation
philosophique et culture de la paix en Amérique Latine et dans
les Caraïbes,
). La chaire UNESCO est aussi un lieu
privilégié pour la formation à l'enseignement
philosophique, sa défense et sa promotion. Elle publie une
collection de livres aux éditions LOM.
Il existe aujourd'hui huit chaires UNESCO de philosophie dans le monde
: à Santiago du Chili, Caracas, Paris, Séoul, Tunis,
Ankara, Montréal, Moscou et Saint-Pétersbourg. |
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La Culture
de la paix au monde
Un exemple au Salvador
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Favoriser la transition entre une culture de guerre
et une culture de paix, cimenter cette paix et la renforcer face aux
crises intérieures et aux nationalismes : le programme UNESCO
pour une culture de la paix a trouvé au Salvador un champ d'action
fructueux.
Le programme national mis en route juste après les accords
de paix de 1992 repose sur le dialogue et la coopération entre
le gouvernement et les ONG dont beaucoup étaient associées
avec les différentes factions de la guérilla. Les ennemis
d'hier doivent travailler ensemble à chaque étape du
programme.
Les projets de ce programme répondent à un certain nombre
de critères : ils doivent être fondés sur la participation
et la coopération, être axés sur l'enseignement
et l'apprentissage, être décentralisés, avoir
un caractère transculturel et une dimension internationale.
Le premier projet à voir le jour est un programme quotidien
de radio pour les femmes. Ces émissions sont diffusées
à travers tout le pays, même sur les marchés,
et la couverture est excellente. Elles abordent les sujets des droits
des femmes, de la violence à l'égard des femmes, des
travaux domestiques, etc. Elles sont entrecoupées de musique
et de divertissements. Un processus long et souvent difficile de débats
et de discussions approfondies entre des représentants du gouvernement
et de la société civile a permis de déterminer
l'organisation, le contenu et les thèmes des émissions,
les objectifs, le financement, la formation des équipes, etc.
A chaque étape de la décision, il fallait trouver un
consensus.
Un projet d'éducation non formelle a suivi, en appui des émissions
de radio.
Il en est ressorti une idée-force : l'instauration d'une culture
de paix n'est pas seulement un beau concept et un idéal louable,
mais elle est aussi utile d'un point de vue pragmatique et bénéfique
pour tous. |
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L'abolition
de l'apartheid
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L'UNESCO a été une des premières
agences du système des Nations Unies à apporter une
aide concrète à la lutte contre l'apartheid. L'Organisation
n'a cessé de confirmer son engagement dans la reconstruction
nationale et de jouer un rôle significatif dans les domaines de la
culture, de la science, de l'information et de la communication depuis
l'abolition des lois de l'apartheid en 1992.
Un Programme spécial pour l'Afrique du Sud a été mis sur pied en 1993
pour coordonner les actions des différents secteurs de l'UNESCO, point
focal officiel désigné par le système des Nations Unies, pour assurer
le suivi et l'évaluation des programmes, les relations avec les divers
partenaires sur le terrain.
Les activités ont porté sur l'éducation à la démocratie et aux droits
de l'homme, sur l'alphabétisation des jeunes des bidonvilles. D'importants
travaux ont permis de définir des plans d'action pour le démantèlement
de l'apartheid grâce à une collaboration avec les institutions religieuses.
L'UNESCO a apporté son aide, dans le domaine de l'éducation, aux mouvements
de libération nationale reconnus par l'Organisation de l'unité africaine
(OUA), en collaboration avec d'autres agences spécialisées du système
des Nations Unies.
L'UNESCO a aussi présidé à la création de trois chaires : une chaire
d'ingénierie à l'Université de Durban-Westville, une chaire de droits
de l'homme à l'Université de Fort Hare et la première chaire UNESCO
de culture de la paix existant au monde. Sont à l'étude un musée de
la culture du peuple et la définition d'une politique linguistique.
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