Le sol et le sous-sol gabonais recèlent de richesses considérables.

Depuis l'indépendance du Gabon, en 1960, l'économie du pays repose essentiellement sur quatre grands produits d'exportation : le pétrole, le manganèse, l'uranium et le bois.

D'autres minerais ont été répertoriés mais leur exploitation reste traditionnelle voire encore inopérante. Il s'agit de : or, fer, plomb, zinc, cuivre, potasse, barytine, dolomie, sel gemme, talc… diamant et niobium.



Le pétrole, La baisse après les années fastes

Le bassin sédimentaire gabonais qui renferme le pétrole s'étend en bordure de la côte sur 600 km de longueur et moins de 250 km de largeur, mais il se prolonge sous la mer bien au-delà de la plate-forme continentale. Les réserves et les pièges pétroliers découverts dans ce bassin sont de dimensions modestes et d'une capacité comprise entre 1 et 20 millions de tonnes, mais d'après les estimations des géologues, des gisements ont pu approcher voire dépasser 100 millions de tonnes.

Les premières recherches ont débuté en 1928. Mais en 1956 le premier champ pétrolier, Ozouri, a été mis en exploitation par la société des pétroles de l'Afrique-Equatoriale Française (SPAFE). Trois ans après l'on découvre Gamba. A cette date, ont lieu les premiers forages "off shore" qui se concrétisent, eux aussi, par la mise en place et en évidence de nombreux champs pétrolifères.

Juridiquement, la SPAFE est devenue ELF-SPAFE, puis ELF-GABON qui domine aujourd'hui et de très loin toute la production. C'est une société anonyme dont le siège social est majoritaire avec 60% des parts, l'Etat gabonais en détient 25% et le reste se répartit dans le domaine public.

Jusqu'en 1974, ELF-GABON, SHELL-GABON et GULF OIL OF GABON sont les seules productrices. Elles sont rejointes en 1975 par trois compagnies américaines : MURPHY, ODÉCO et OCÉAN. Aujourd'hui une dizaine de sociétés au total participent à l'exploitation.

Le pétrole gabonais, assez lourd avec une viscosité élevée et une faible teneur de soufre, est de bonne qualité. Le pays compte trois sortes de "bruts" : la qualité Mandji en provenance de tous les champs de la zone Mandji, le Gamba-Ivinga, plus que le Mandji et le Lucina, est le plus léger et le moins soufré des trois.

De 1974 à 1978, le Gabon qui fait partie de l'OPE, a connu les cinq années de plus grande production. Celle-ci a dépassé pour la première fois les 10 millions de tonnes en 1974 pour culminer en 1976 avec 11 324 716 tonnes.





Plate forme de Grondin.

En 1979, on est redescendu au-dessous de la barre des 10 millions de tonnes annuelles, et depuis la baisse est constante, mais en passe de se stabiliser grâce à la découverte de nouveaux champs et au perfectionnement des techniques de pompage qui permettent une exploitation maximale des champs sur le point de se tarir.

La baisse enregistrée dans les débuts des années 80 s'explique en partie par le fait que les deux plus gros champs producteurs, Grondin et Gamba-Ivinga, respectivement "off shore" et "on shore" décli-nèrent lentement.

Toutefois, le pétrole gabonais a encore de beaux jours, aidé en cela par la volonté politique qui, non seulement fera évaluer les réserves mais encore et surtout initiera un plan quinquennal en 1984. Il est donc capital de comprendre que les progrès enregistrés à propos de cette richesse numéro un dans le pays et sur de multiples plans, du fait de la mise en valeur des gisements pétroliers, ne sont pas seulement dus à la revalorisation des prix sur le marché mondial, ils sont pour une très large part le résultat d'une politique énergétique conduite à l'époque par le Chef de l'Etat et le Gouvernement Gabonais.

Maîtriser les ressources pétrolières


Sur le plan des principes, l'objectif des pouvoirs publics est d'arriver à une plus grande maîtrise des ressources pétrolières, (le chiffre d'affaires annuel des compagnies pétrolières installées au Gabon est de l'ordre de 600 milliards de francs CFA), et, cela passe nécessairement par un cadre juridique amélioré.

La loi pétrolière de décembre 1974 qui a modifié et complété le Code minier de 1962, a tracé le cadre juridique des activités de recherches et d'exploitation et consacré le rôle de l'Etat qui, de simple rentier, accède aux fonctions de participant, voire de dirigeant.



…Toutefois, le pétrole gabonais
a encore de beaux jours…

A cet égard, la loi pétrolière codifie un certain nombre de droits que l'Etat se réserve, parmi lesquels le droit d'association à l'exploitation, fixé à 25% avec faculté pour le gouvernement de prendre la part qui lui revient, le droit de transporter au moins 50% de la production, le droit d'imposer aux compagnies d'assurer en priorité les besoins des raffineries nationales, le droit d'obliger les compagnies à présenter, avant le démarrage des travaux, un programme précis de formation et d'insertion des cadres nationaux dans tous les emplois techniques.

Plus récemment, l'Etat a pris de nouvelles mesures, en adoptant notamment un nouveau type de contrat d'exploitation et de partage de la production, aux termes duquel l'Etat est propriétaire des gisements, et les sociétés pétrolières des presta-taires de services qui prennent le risque financier.

Le gouvernement a également décidé de commercialiser 25% de la production, et à cet effet a créé la société nationale PETROGAB, dont l'Etat détient la totalité du Capital. Depuis le 24 juin 1982, le régime de concession en matière d'hydro-carbures est aboli. L'Etat n'accorde, en cas de besoin, à l'entreprise requérante, qu'un permis d'exploitation pour une durée maximale de dix ans.

Sur le plan fiscal, le Gouver-nement gabonais a constamment réajusté les taux de la redevance minière, des droits perçus sur les permis de recherche et les redevances superficiaires notamment. La loi pétrolière de 1974 a par ailleurs créé la "provision pour investissements diversifiés" qui constitue en fait un mécanisme de recyclage des pétrodollars.

A raison de 10% maximum de leur chiffre d'affaires, les sociétés pétrolières alimentent un fonds annuel d'investissement qui est la propriété commune de l'Etat gabonais et des sociétés, dans la proportion de 65% pour le premier et de 35% pour les secondes. Ce fond est utilisé pour la réalisation de projets industriels ou agro-industries. Et les décisions de financement sont prises d'un commun accord entre l'Etat et la société concernée.





D'une capacité initiale de 600 000 T/an, d'un potentiel porté à 1 200 00 T/an, la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA) traite aujourd'hui environ 800 000 T/an de brut gabonais.

Il y a donc réelle coopération entre les deux, et il a de ce fait été possible de développer une dynamique d'investissements productifs très positive. Le rôle du pétrole gabonais n'est donc pas seulement de faire tomber des milliards dans les caisses de l'Etat. Parce que les responsables gabonais l'ont voulu ainsi, il intervient de manière remarquable dans le développement économique et en particulier dans la diversification industrielle qui est un des objectifs prioritaires du plan quinquennal qui a démarré en 1984, pour s'achever en 1988. Celui-ci prévoyait entre autres l'intensification des recherches minières principalement sur le tracé du "TRANSGABONAIS".

Rabi-Kounga le géant

L'exécution du plan quinquennal, a permis au Gabon de connaître un boom pétrolier dans les années 80 et de découvrir un des puits les plus importants de l'histoire du pétrole gabonais : Rabi-Kounga qui a atteint les sommets en 1990.

En 1992, la production gabonaise s'est maintenue au même niveau que l'année précédente à 14,6 millions de tonnes contre 14,7 millions en 1991. La production de pétrole "Rabi" est restée la plus importante en 1992 suivie du Mandji. Ces deux qualités ont représenté 80% de la production totale.

La répartition ayant été faite comme suit :
- Rabi : 49%
- Gamba : 43%
- Mandji : 32%
- Eshira Gucal : 6%
- Obando : 4%
- Oguendjo : 4%

L'année 1992 s'est en outre caractérisée par la réduction du différentiel entre le prix de Brent et celui de Rabi qui est descendu à moins de un (1) dollar alors qu'il était de l'ordre de 2 à 3 dollars les années précédentes. Cette amélioration a résulté du marketing fait sur le produit et sa disponibilité sur le marché international encore estimée pour une durée assez longue. Les exportations, environ 95% de la production en 1992, ont enregistré une baisse de 3,5% par rapport à 1991.

Le secteur pétrolier aujourd'hui

Il comprend deux activités :
- L'exploration du pétrole dont la production est exportée à environ 95%, le reste est transformé localement par la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA) qui traite actuellement 800 000 tonnes de pétrole brut/an.
- Les activités de recherche et de développement liées à la demande des sociétés pétrolières opérant sur le territoire national.





En 1998, l'exploration est réalisée par 25 sociétés dont huit européennes, douze américaines. Parmi les quatre entreprises qui avaient fait leur entrée en 1997, deux, Chauvco et Agip ferment au cours de l'année 1998, à cause du faible rendement des puits et de la chute du prix du baril de pétrole.

Toujours en 1998, la production de pétrole baisse de 4,8% soit 17 570 millions de tonnes contre 18 462 millions en 1997. Cette situation est imputable au vieillissement de certains champs, notamment Anguille, Barbier, Ayol marine, Gamba, etc… Mais également imputable au déclin de la production, de Rabi-Kounga et de ses satellites et à l'absence de nouvelles découvertes susceptibles de compenser la baisse de la production du champ de Rabi.

Les exportations de brut régressent dans la même proportion que la production. Elles sont de 15 722 millions de tonnes en 1998 contre 17 539 millions de tonnes en 1997, soit une baisse de 4,7%.

L'évolution de la production et des exportations de pétrole se présente comme suit :

En millions de tonnes

1996

1997

1998

98/97

Production

18.250

18.462

17.570

4,8%

Exportations

17.363

17.539

16.722

4,7%

La surabondance du brut sur le marché international en 1998 est à l'origine de la baisse de la valorisation des exportations : le prix moyen du baril de brut Rabi passe de 18 à 12 dollards le baril et celui du Mandji se vend en dessous du dollar en F CFA s'apprécie de 1% par rapport à 1997 (589,8 millions contre 583,7 millions F CFA en 1997).

En ce qui concerne les effectifs en 1998, en dehors de Marathon qui augmente ses effectifs de 15%, les autres sociétés poursuivent leur politique de réduction des effectifs débutée il y a trois ans. Ces effectifs sont passés de 1 533 personnes à 1 379 en 1998, soit une baisse de 10%. Le système de départs volontaires est institué, ce qui explique en partie la réduction de la masse salariale de 20% par rapport à 1997.

En 1998, suite à la dégradation du prix du brut sur le marché international, tous les investissements prévus par les sociétés pétrolières sont réduits. Ainsi, les investissements d'exploration/ appréciation sont de 48,8 millions de dollars contre 114,2 millions en 1997 ; les investissements de développement de 80.774 millions de dolars contre 135.3 millions de dollars en 1997 ; les investissements généraux de 108 millions contre 145 millions de dollars en 1997.

La recherche et le dévelop-pement sont effectués par les filiales des grands groupes internationaux qui sont des prestations de services des compangies pétrolières.

En 1998, 37 puits sont forés dont deux pour le compte d'Elf-Gabon, deux pour le compte de Perenco et 33 pour le compte de Shell-Gabon. La crise du pétrole touche pleinement les prestataires de services, leurs résultats, bien que positifs sont moins bons que ceux de l'année précédente.


Le bûcher des vanités

Ayant, de tout temps, vécu au-dessus de ses moyens du fait de considérables ressources pétrolières, le Gabon a désormais du mal à tenir son rang, la production pétrolière étant en constante chute alors que les espoirs de découverte de nouveaux gisements off shore fondent comme neige au soleil.

Avec un domaine de recherche couvrant 125 557 km2 dont 46 073 km2 on shore et 84 835 km2 off shore, l'activité pétrolière a, de tout temps, joué un rôle prépondérant dans l'économie gabonaise. Mais, après la découverte du gisement de Rabi-Kounga en 1987, l'exploration pétrolière a connu un léger ralentissement.

Les exportations de brut ont donc suivi cette tendance à la baisse. Et, malgré le renchérissement des cours mondiaux et la bonne tenue du dollar, "l'émirat noir" est actuellement en proie à une crise financière sans précédent.

Contrairement aux années précédentes où le pétrole constituait à lui seul plus de 50% des ressources du pays, le projet de loi des finances, exercice 2000, ne prévoit que quelques 320,3 au titre des recettes pétrolières alors que les recettes sont globalement évaluées à 710,4 milliards de francs CFA. D'où, les énormes difficultés rencontrées par le ministre des Finances pour boucler son budget - après avoir fait voter celui de l'exercice échu en déséquilibre, il récidive, à la différence notable que le besoin de financement est maintenant de l'ordre de 1 359,5 milliards de francs CFA.

Et pourtant, l'exploration pétrolière a donc repris de plus belle à partir de 1996, à la faveur de la signature de contrats avec les sociétés présentes mais aussi de nouveaux partenaires, venus principalement des Etats-Unis d'Amérique. Récemment encore, une convention d'exploration a été signée avec cinq sociétés australiennes.

En dépit de cette ouverture à d'autres sociétés, l'activité pétrolière au Gabon reste dominée par Elf-Gabon, jadis filiale d'Elf-Aquitaine et donc désormais propriété du groupe Elf-TotalFina. Cette société a donc, à partir de 1996, entrepris une opération de recentrage de ses activités qui s'est traduite par un désengagement total ou partiel de certains blocs.

En effet, jugés non rentables, les blocs du périmètre terrestre ont été cédés à d'autres sociétés dont Mitsubishi Petroleum development corporation. Mais, Elf-Gabon reste détenteur de permis lui attribuant le contrôle d'environ 30% du domaine de recherche national.

En fait, la stratégie du pétrolier français est simple : renforcer l'exploration des séries post-salifères en recherchant des pièges à composante stratigraphique dans les zones de production off shore et dans l'off shore profond. Car, en raison de la présence d'une forêt dense, l'exploration sur terre est hors de prix.

D'ailleurs, cette réalité est si crue que l'ensemble des opérateurs pétroliers se refusent à explorer les potentiels gisements on shore, préférant faire dans la sous-traitance, le cas échéant. Raison pour laquelle l'exploration pétrolière est, au Gabon, concentrée au niveau du littoral et de la mer, la zone terrestre située entre Port-Gentil - ville pétrolière s'il s'en trouve - et Mayumba étant l'exception qui confirme la règle.

Avec des réserves totales estimées au bas mot à 2,96 milliards de barils, le Gabon compte encore énormément sur son pétrole. A ce jour, plus d'une trentaine de champs sont exploités. Deux terminaux - Cap Lopez dans le Fernan-Vaz, région de Port-Gentil et Gamba - permettent l'évacuation de l'or noir. Mais, d'autres points de stockage flottant, situés en mer, assurent également l'exportation de la précieuse huile.

Cette diversité de canaux d'évacuation s'explique d'autant plus qu'il existe plusieurs qualités de pétrole au Gabon : le Mandji, produit par Elf-Gabon, le Gamba, produit par Shell-Gabon, le Lucina, produit par kelts et le Rabi.

Raffiné en partie au Gabon, le pétrole continue donc d'être la principale source de revenus de ce pays. La vitalité de la Sogara (Société gabonaise de raffinage), mise en servie en 1967, en est la meilleure illustration.

Le secteur minier, à la croisée des chemins

La fermeture des mines d'uranium de Franceville annonce le début d'une ère nouvelle.

Longtemps considéré comme un des piliers de l'économie gabonaise, le secteur minier est en phase de mutation.

Et pour cause : le gisement d'uranium de Mounana près de Franceville vient de s'épuiser, occasionnant par voie de conséquence la fermeture de la compagnie des mines d'uranium de Franceville (COMUF) en juin 1999.

A ce jour, la principale préoccupation des responsables gabonais du secteur des mines est de réussir le réaménagement du site jadis réservé à l'extraction de l'uranium. Pour ce faire, l'Etat gabonais bénéficie non seulement de l'assistance technique de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique mais aussi, du soutien financier de l'Union Européenne qui, à travers la Sysmin, a déjà débloqué une enveloppe de quelques 3.246.000.000 de francs CFA.

Entreprise en 1948, dans le massif du Chaillu, les premières recherches de l'uranium n'eurent pas les résultats escomptés. En octobre 1955, les premiers signes de radioactivité sont découverts près du mont Iboundji. Arrêtés durant la saison des pluies, les travaux reprennent en 1956, et à la fin de cette année-là le 21 décembre, alors que les prospecteurs désabusés se préparent à rentrer, ils voient s'affoler les aiguilles de leur compteur : c'est la découverte des premiers indices du gisement du Mounana.

Les travaux de reconnaissance sont menés rapidement et permettent de démontrer l'existence d'un amas minéralisé d'un million de tonnes, contenant environ 5 000 tonnes d'uranium métal.

La COMUF (Compagnie des Mines d'Uranium de Franceville) est fondée en 1958.

Le rôle de l'usine de traitement se limite à l'enrichissement du minerai. Les opérations étant : la mise en pulpe, le traitement de la pulpe, le lavage, extraction par solvants et la finition.

Les foyers de réaction sont constitués de plusieurs amas compacts de minerai à très haute teneur. Huit d'entre eux ont été, au total, découverts. Il a donc existé des réacteurs nucléaires fossiles, et la teneur en isotope U 235 est descendue jusqu'à 0,29% alors qu'elle est de 0,72% dans l'uranium naturel. Par rapport à cette situation, l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique a estimé que le phénomène d'Oklo pourrait constituer un excellent sujet de coopération internationale en matière de recherche fondamentale.

L'extraction d'uranium a pris fin en juin 1999. La production et les exportations au premier semestre 1999 se situent respectivement à 293.879 tonnes et 324.253 tonnes d'uranium.

Le manganèse

Pour autant, la région de Franceville demeure un haut lieu de l'extraction minière au Gabon. Car, hormis l'uranium, son sous-sol recèle également de manganèse dont l'extraction est assurée par la Comilog (Compagnie des mines de l'Ogooué), basée à Moanda.

Il n'y a dans le monde que quelques endroits où l'on puisse extraire le manganèse du sol en quantités suffisantes : notamment Nicopol et Tchiatari en Union Soviétique, Kuruman Postmasburg en Afrique du Sud, et à Moanda au Gabon. Quatre gisements où se trouvent concentrés 75% des réserves connues.


Production de manganèse par la COMILOG.

Depuis le début de l'exploitation, ce sont 65 millions de tonnes de minerai qui ont été extraits du gisement de Moanda soit une moyenne de 1.800.000 tonnes par an.

Le groupe Comilog (Eramet 57,46%, Etat gabonais 26,60%, Formang 7,95%, COGEMA 7,65%, Divers 0,34%), dont le chiffre d'affaires dépasse 300 MM F CFA occupe actuellement une place de premier ordre dans les métiers du manganèse.

Troisième producteur mondial de manganèse après l'Afrique du Sud et la Russie, le Gabon dispose de réserves évaluées à 200 millions de tonnes de minerai marchand dont la teneur en minerai est une des plus fortes au monde.

Les gisements sont exploités à ciel ouvert, la Comilog produit trois types de minerai : les minerais métallurgiques, les minerais chimiques et les bioxydes utilisés pour la fabrication de piles électriques.

Des coûts prohibitifs

Dans le même temps, la création de la SOMIMO (Société des Mines de Mabounié) se poursuit. Cette société à capitaux mixtes sera basée à Mabounié dans le Moyen-Ogooué, non loin de Lambaréné où elle assurera l'exploitation des mines de niobium. Selon les conclusions d'une étude de faisabilité, l'exploi-tation de ce gisement devrait se faire à un rythme de 5 millions de tonnes par an.

D'un coût estimé à quelques 300 millions de Dollars US, la mise en place de la SOMIMO nécessite de si gros moyens que, ses promoteurs misent, dans un premier temps, sur les variations des cours du phosphate pour rentrer dans leurs fonds, étant entendu qu'ils espèrent produire, sur une période de vingt ans, au bas mot deux millions de tonnes de concentré de phosphates à haute teneur.

Cependant, le niobium étant appelé à devenir, à terme, le moteur de la SOMIMO, les actionnaires de la SOMIMO se sont réunis récemment en Assemblé Générale. Au terme de cette rencontre, il a été décidé que 1 200 tonnes de niobium seront extraites, d'ici à janvier prochain, à titre expérimental. Car, les responsables Gabonais ne veulent plus retomber dans une situation similaire à celle à laquelle ils ont dû faire face au sujet du fer de Mékambo dans l'Ogooué-Ivindo.

En effet, avec des réserves estimées à un milliard de tonnes dont 300 millions de minerai commercialisable, le fer aurait pu constituer une entrée de devises substantielle. Mais, au regard des coûts d'exploitation - ils sont très élevés - et de l'absence de débouchés véritables - les pays d'Europe s'approvisionnent à partir de l'Australie et du Brésil - , la Société des mines de fer de Mékambo (Somifer) est en veilleuse depuis 1981, comme pour témoigner des difficultés rencontrées par le Gabon pour mettre en valeur ses richesses naturelles. Même situation pour les mines de cuivre, de plomb, de zinc, de potasse, de titane, de magnésie, de diamant et de talc qui ont été repérées dans la province de la Nyanga.

Quand l'or s'épuise

La découverte de l'or au Gabon ne date pas d'aujourd'hui. Dès 1964, on a exploité des gisements aurifères situés aux environs d'Etéké (Sud), de Makokou (Nord-Est), de Ndjolé (Centre de Casville), de Ndangui (Sud). On y a extrait de la terre, certaines années, jusqu'à une tonne d'or. Ces gisements semblent en voie d'épuisement, mais d'actives recherches se poursuivent toujours dans la région d'Etéké, avec la participation de l'Etat gabonais (45%), de la COMUF (35%) et le Bureau des Recherches Géologiques et Minières, le BRGM (20%). On recherche l'or primaire dans la roche. L'un des champs les plus prometteurs est celui d'Ovala. La prospection se fait également dans la région de Franceville, près de Moanda.

En marge de ces activités officielles, des orpailleurs indépendants extraient de la brousse de l'or alluvionnaire. Suivant une estimation qui ne peut être qu'approximative, quelque 300 chercheurs indépendants vendent chaque année aux autorités locales une cinquantaine de kilo d'or, mais certainement beaucoup plus à des acheteurs privés (bijoutiers et dentistes).

L'exploitation de l'or au Gabon est réglementée par le Code minier et régie par la loi.

Les activités aurifères ont connu une période d'exploitation intensive des gisements alluvionnaires au cours de la période 1940-1960 avec des points de production supérieure à une tonne par an. Fin 1992 la collecte d'or effectuée par l'Etat n'est plus que de 58.873 kg alors qu'on dénombre 1 200 orpailleurs établis dans les sept centres d'acti-vités dont les plus connus sont : Etéké, Ndangui, Makokou et Longo. Cette faible collecte résulte non seulement des techniques utilisées mais aussi de l'absence de couverture sociale des orpailleurs indépendants et de l'absence de points de vente en produits de première nécessité près des zones aurifères.

Les prix d'achat et de vente de l'or sur le territoire gabonais sont réglementés et n'ont pas été revus depuis 1985. Ils sont respectivement de 2 000 F CFA et 3 000 F CFA par gramme.

Les autres ressources minérales

Elles sont nombreuses et diverses. A Doussé-Ossou, près de Tchibanga (Sud-Ouest), on a, de 1973 à 1979, exploité le marbre, dans une carrière à ciel ouvert composée de veines affleurantes. Deux types de marbre en étaient extraits : le Bardiglio-Nyanga et l'Arabescato-Nyanga, les deux d'une qualité équivalente à celle du célèbre marbre de Carrare en Italie. La production quotidienne s'élevait à 15 tonnes. Les réserves sont évaluées à 12 millions de tonnes.

Des indices de différents minerais ont été mis en évidence et un très large évantail des ressources géologiques a pu être identifié : barytine, fer, potasse, phosphates, soufre, talc, et des métaux non ferreux : plomb, zinc, cuivre.

En somme, le secteur minier Gabonais a encore de beaux jours devant lui. Mais, du fait de la situation des mines qui se trouvent généralement en pleine forêt équatoriale, les coûts d'exploitation sont si élevés qu'ils deviennent prohibitifs. Au grand dam du commun des Gabonais, qui ne cesse de se demander de quoi demain sera fait…