- Libreville du 17 au 20 janvier 2001 -

De la danse peut naître l'échange, la solidarité et la compréhension
entre les peuples.
La capitale Gabonaise a été du 17 au 20 janvier 2001, le théâtre d'une rencontre culturelle internationale à la faveur d'un Festival International de la Danse Africaine (FIDA), organisé conjointement par le Ministère Gabonais de la Culture, des Arts de l'Education Populaire et le Conseil International de la Danse (CID-Unesco), avec le concours du Laboratoire Universitaire de la Tradition Orale (LUTO).

 

 

Cette première édition du FIDA a constitué une réponse positive aux recommandations des colloques internationaux de Libreville et Paris (Avril et Septembre 1995) sur la danse africaine : "du passage de la tradition orale à la scène". Elle comprenait quatre grands axes :

- Les prestations de onze ensembles de danse étrangers (Bénin, Cameroun, Congo Brazzaville, Congo RDC, Côte d'Ivoire, Guinée Equatoriale, Mali, Nigeria, Sao Tomé et Principe, Sénégal et Togo).

- 27 groupes nationaux de la Fédération de Danse du Gabon (FEDAG).

- Le Séminaire International sur le thème "Danse, Guérison et Santé en Afrique".

- L'installation du Secrétariat du Conseil International de la Danse (CID-Unesco) au Gabon.

La réalisation de la première édition d'un Festival International de Danse Africaine au Gabon ayant vocation d'être institutionnalisée, répondait ainsi à une attente en matière événementielle en Afrique Centrale. Cette première édition devait aussi abriter un séminaire international sur le thème "Danse, Guérison et le Sacré en Afrique" pour revaloriser la fonction originelle du patrimoine chorégraphique qui est à l'origine des danses actuellement exploitées, ainsi que l'installation du Secrétriat Régional du Conseil International de la Danse (CID-Unesco) auquel est affiliée depuis 1989 la Fédération de Danse du Gabon, initiatrice du Projet. Ce Secrétariat Régional a pour missions :

- le rencensement des activités de danse sur le continent,
- la prise en compte de la danse dans les programmes scolaires et universitaires,
- la mise en place des structures de formation pour les professeurs et animateurs,
- un soutien actif à la création d'autres comités nationaux de la danse sur le continent,
- la création et la coordination de programme d'échanges culturels entre les comités nationaux de la danse en Afrique.

Préparé de longue date, la première édition du Festival International de Danse Africaine qui comprenait la conjugaison mûrement élaborée de quatre activités distinctes, (festival international, festival national, séminaire international et installation du secrétariat Régional du CID-Unesco) a tenu ses promesses dans le sens où les bases posées pour chacune d'entre elles sont à même de générer une suite logique au programme initié.

Les fims numériques réalisés de tous les spectacles présentés au Gymnase Omnisports serviront de matériel promotionnel pour les éditions suivantes. Prochai-nement édités sur le site Internet du Festival, les actes du séminaire feront l'objet d'une publication par le Conseil International de la Danse.

La qualité des spectacles présentés les 17, 18, 19 et 20 Janvier 2001 fut représentative des patrimoines chorégraphiques traditionnels nationaux, certaines troupes intervenantes ayant accompli un travail prodigieux.

Plus particulièrement le Mali, le Togo, le Bénin, le Sénégal, le Nigeria, Sao Tomé et Principe et la Guinée Equatoriale dont les troupes atteignaient des effectifs de soixante à quatre-vingt artistes.

Toutes les régions du Gabon étaient représentées par les groupes de la Fédération de Danse au Parc des Expositions avec une variété de plus de cinquante rites chorégra-phiques différents.

Les ensembles étrangers se sont joints à eux pour la soirée de clôture qui a vu la participation de plus de 700 artistes.

Les exposés présentés durant le séminaire ont permis de discerner des aspects particuliers et inédits de la dynamique du geste thérapeutique, et de souligner l'importance de la prédisposition du lieu, du malade et du guérisseur pour atteindre la symbiose harmonieuse et non sans dimensions artistiques, pouvant résulter à la guérison d'affections physiques ou spirituelles.

L'importance du geste et de la danse au cours des soins traditionnels a été analysée. Ses fonctions de pont entre le corps et l'esprit, de modé-rateur d'énergies collectives et de force régénératrice ont été expliquées. Des informations sur la transmission des enseignements et des pouvoirs de guérison ont apporté un réel élargissement des connaissances dans ce domaine faisant partie du patrimoine culturel de l'Afrique profonde.

Le Secrétariat Régional de la Danse en Afrique qui a été installé le 20 Janvier 2001 aura entre autre mission celle de recenser toutes les entités de danse existantes sur le continent, afin, outre d'animer les différents programmes énumérés, de promouvoir la reconnaissance et une meilleure prise en compte de ce secteur par les autorités culturelles des pays membres, ainsi que des partenaires internationaux de la culture.

Les difficultés rencontrées ont été les mêmes à différents niveaux de l'organisation du fait du décais-sement tardif des fonds alloués.

Sur le plan artistique, la participation d'ensembles nationaux étrangers initialement prévue ayant été différée pour la seconde édition à la suite du report des financements de l'Union Européenne et de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie en fin d'exercices budgétaires, les onze troupes participantes ont été sélectionnées parmi les communautés étrangères résidentes à Libreville, et ont été contactées par l'intermédiaire de leurs représentations diplomatiques à Libreville.

La visibilité de l'Unesco dans l'Etat membre s'est plus particulièrement exprimée par l'intermédiaire des médias et de la publicité (affiches, programmes, banderoles, spots…).

Le festival vise en premier lieu le public national et international de la place, qui aura pu reconnaître les groupes de la Fédération de Danse du Gabon, (affiliée sous le n° 238/89 au Conseil International de la Danse) qui était la cheville ouvrière du Comité d'organisation du Festival.

Le Bureau de l'Unesco hors-Siège a pris une part active aux préparatifs de la manifestation, et son Chef, Monsieur Gassama a apporté une contribution importante à l'élaboration du suivi du projet, notamment en indiquant les principales dispositions pour la réalisation des prochaines éditions et l'institutionnalisation de la manifestation.

La contribution financière du Programme de Participation n'étant parvenue qu'après le déroulement du festival, c'est encore le Bureau qui a apporté une régie d'avance qui a été remboursée dès perception du financement PP.

Outre la gestion technique du Festival et son apport en moyens humains durant la manifestation, la contribution de la Fédération de Danse du Gabon se situe dans la prise en charge complète de la réalisation d'un film en numérique des spectacles du Festival. A travers le Secrétariat Régional qu'elle a charge d'animer, elle devra réaliser le montage des films, éditer les actes du séminaire sur Internet (www.multimania.com/fidac), faire le recensement des entités chorégraphiques sur le continent, contacter les pays en mesure d'ouvrir des Comités Nationaux de la danse, dans la mesure du possible, proposer des échanges culturels avec ces Comités Nationaux, et élaborer en collaboration avec les autorités de tutelle une méthode pour la mise en place d'une cellule de réflexion sur l'éducation artistique en matière de danse, élargie au continent via internet. Les responsables des ensembles chorégraphiques étrangers ayant participé au festival pourront être associés à cette recherche.

Les résultats de cette première édition sont un sérieux apport pour la poursuite des procédures de financements, plus particulièrement auprès de l'Union Européenne et de l'Agence Intergouvernementale de la Francophonie où ce dossier figure déjà en bonne place, afin de pouvoir recevoir des ballets nationaux en provenance de leurs pays d'origine.