La plus ancienne richesse du Gabon, la plus évidente c'est la forêt qui couvre environ 22 millions d'hectares (soit 85%) de la superficie du pays. Elle recèle plus de 8 000 espèces dont 75 sont exploitées à ce jour. Essentiellement l'Okoumé et Ozigo qui sont, de loin les plus exploités, le potentiel commercial total est de 400 millions de mètres cubes dont 130 millions de mètres cubes d'Okoumé. Le niveau annuel de production oscille autour de 2,5 millions de mètres cubes. Elle est exportée à plus de 90% et le reste est transformé localement. La commercialisation de l'Okoumé et de l'Ozigo fait l'objet d'un monopole de l'Etat géré par la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG), par contre celle des bois divers est libre.

© Mistral voyage


Une exploitation rationnelle

La forêt gabonaise demeure l'une des plus riches d'Afrique avec près de 40% de la superficie en état primaire. Le taux de déforestation dû notamment aux activités agricoles est inférieur à 1% par an.

L'exploitation de la forêt gabonaise se fait par zone. La première zone couvre près de 5 millions d'hectares. Elle se situe dans la province de l'Estuaire et est réservée aux exploitants nationaux. La seconde zone couvre environ 10 millions d'hectares, et comprend une partie du bassin de la Ngounié, de la Nyanga (Provinces du Sud), du Moyen-Ogooué (Centre) jusqu'à l'Ogooué-Ivindo (Nord-Est). Cette zone a regroupé l'essentiel des grandes exploitations jusque dans les années 1980. Enfin, la troisième zone, zone d'attraction du chemin de fer, avec environ 5 millions d'hectares, est située du Centre-Est au Sud-Est du pays le long de l'axe Booué-Lastourville-Franceville.

La Production

En 1998, la production des grumes, plafonnée en début d'année à 3 000 000 m3, toutes essences confondues, est ramenée à 2 163 927 m3. Elle diminue ainsi de 22% par rapport à 1997. Ceci s'explique par les effets de la crise asiatique qui a entraîné la chute de la demande. Face à cette situation, la SNBG a contingenté de 30% les quotas de livraison et suspendu l'achat de l'Okoumé et de l'Ozigo aux mois de juillet et août 1998. Les forestiers se sont tournés vers la production des bois divers malgré le niveau très moyen des prix sur le marché international.

Evolution de la production des grumes

En m3

1996

1997

1998

98/97

Okoumé

1 779 000

1 836 043

1 340 691

-27,0%

Ozigo

124 000

156 879

52 037

-66,8%

Bois Divers

505 800

782 375

771 199

-1,4%

Total

2 408 800

2 775 296

2 163 927

-22,0%

Sources : SEPBG, SNBG in Tableau de bord de l'Economie 1998-1999-2000.


Les exportations de grumes sont en baisse de 34% par rapport à 1997. La chute des exploitations de l'Okoumé (44,5%) et de l'Ozigo (65,9%) s'explique en partie par la stratégie de la SNBG qui raréfie son produit (Okoumé principalement) sur le marché afin d'éviter de vendre à un prix moins rémunérateur. Les exportations de bois divers augmentent toutefois de 1,3%.

Evolution des exportations

En m3

1996

1997

1998

98/97

Okoumé

1 788 000

1 849 508

1 025 978

-44,5%

Ozigo

119 000

140 022

47 813

-65,9%

Bois Divers

444 000

681 207

690 114

+1,3%

Total

2 351 000

2 670 737

1 763 905

34,0%

Sources : SEPBG, SNBG.


La baisse des exportations de 34% est surtout le fait des pays asiatiques qui ont considérablement réduit leurs approvisionnements. C'est le cas, notamment, de la Chine (-56,4%), du Japon (-88,4%), des Philippines (-92,6%) et de l'Inde (-35,5%).

En revanche, les "autres pays" augmentent leurs importations de bois de 14,7%. Il s'agit principalement des pays du Marché Européen tels que le Portugal, l'Italie, l'Espagne.

Les stocks

Le niveau des stocks est de 121 660 m3 de grumes en 1998 dont 39 991 m3 d'Okoumé, 583 m3 d'Ozigo et 81 085 m3 de bois divers. Le faible niveau des stocks d'Okoumé et d'Ozigo s'explique par les dérogations accordées par la SNBG aux producteurs pour l'exportation de ces deux essences.


Destination de la production Gabon

Marché

1996 Volume m3

1997 Volume m3

1998 Volume m3

98/97

Chine

658 280

1 015 793

442 634,1

-56,4%

France

446 690

439 293

435 625,1

-0,8%

Hong Kong

70 530

151 632,1

122 823,4

-19,0%

Maroc

94 040

109 395

88 564,6

-19,0%

Turquie 141 060 129 249,3 79 989 -38,0%
Grèce 94 040 79 011,8 63 423,5 -19,7%
Israël 329 140 105 135,5 53 960,2 -48,7%
Japon 117 550 127 841,4 14 766,3 -88,4%
Philippines 329 140 118 253,4 8 723,7 -92,6%
Sous-Total 2 256 960 2 275 604,5 1 310 509,5 -42,4%
Autres Pays 94 040 395 395,5 453 490,1 +14,7%
Total Général 2 351 000 2 671 000 1 764 000 -34,0%
Source : SEPBG.

Les prix moyens à l'exportation par rapport à 1997 baissent de 14,8% pour l'Okoumé, 17,5% pour l'Ozigo et 7% pour les bois divers. Ces baisses sont plus importantes que celles enregistrées au niveau des prix et l'Ozigo (-9,7%).
Evolution du marché Okoumé, Ozigo en %

Marché

1996

1997

1998

Europe

27%

28%

44%

Afrique

6%

6%

9%

Amérique

1%

1%

0%

Moyen-Orient 5% 5% 6%
Asie 61% 60% 41%
Total 100% 100% 100%

© Forextra

Le Projet Forêt et Environnement

Le Gabon conscient de son formidable atout qu'est la Forêt, déploie d'énormes efforts pour préserver ce patrimoine inestimable. En collaboration avec des bailleurs de fonds internationaux, comme la Banque Mondiale, l'Etat pilote depuis le 1er juin 1992 un ambitieux projet de conservation de la forêt dénommé "Projet Forêts et Environnement" (PFE).

Ledit projet a été identifié en 1989, alors que le Gabon était en pleine négociation d'un Programme d'Ajustement Structurel avec la Banque Mondiale. Après analyse de la situation, caractérisée par le déclin des recettes pétrolières, il est apparu important pour le Gouvernement de la Banque Mondiale de redynamiser les secteurs les plus importants de l'économie nationale.

Une revue générale du secteur Forêt et Environnement faite dans ce contexte a mis en évidence certains goulots d'étranglement qui empêchent le secteur des Eaux et Forêts et de l'Environnement de jouer pleinement le rôle que le gouvernement est en droit d'en attendre, ainsi que les conséquences engendrées par cette situation.

Ainsi, ce diagnostic a amené le gouvernement à engager des discussions avec la Banque Mondiale pour la mise en œuvre d'un projet pilote dans le secteur Forêt et Environnement.

Les principales étapes qui ont conduit à cette mise en œuvre sont, dans un premier temps, l'identification et la préparation du projet de 1989 à 1992, la négociation du Projet à Washington du 26 mai au 1er juin 1992 qui conduira à l'approbation du prêt par le Conseil d'administration de la Banque Mondiale le 2 juillet 1992, suivie de la mise en vigueur du Prêt le 23 septembre 1993, et du démarrage officiel du Projet le 1er janvier 1994. Et celui effectif des activités de terrain le 15 mai 1994.

Les objectifs du Projet

Le Projet se propose de soutenir les orientations politiques du gouvernement, pour redynamiser le secteur tout en garantissant la gestion durable des ressources naturelles du Gabon. A ce titre, le Projet doit mettre au point, sur la base d'un plan d'aménagement pilote, des techniques appropriées autorisant une exploitation raisonnée de la forêt.

Par ailleurs, ledit projet a pour mission de réaliser, d'une part, les interventions sylvicoles indispensables au développement des plantations d'Okoumé, et d'autre part les opérations d'inventaires qui permettront d'évaluer le potentiel disponible et d'élaborer un plan de gestion pour les plantations de 30 000 hectares.

En outre, le Projet vise à renforcer la capacité de planification et d'intervention sur le terrain en restructurant le Ministère des Eaux et Forêts et de l'Environnement, et en renouvelant les structures d'accueil et les moyens matériels de base, et de poursuivre les activités de recherche forestière et environnementale.

Enfin, le Projet se doit d'assurer une formation en foresterie plus pratique, capable de mieux répondre aux besoins du secteur privé et aux exigences de conservation, de prévenir la dégradation de l'environnement, de favoriser et de soutenir la création et l'entretien des réserves de faune et de flore.

L'exécution des activités du projet s'articule à travers cinq composantes qui sont le renforcement institutionnel, la formation forestière et environnementale, la recherche, d'une part, et d'autre part l'aménagement pilote des forêts, la réhabilitation des plantations et la création et l'entretien des réserves. La Banque Mondiale assure le suivi régulier du Projet par le biais de missions de supervision qui se rendent, deux fois par an, au Gabon.

Le coût du Projet

Le coût du Projet Forêts et Environnement (PFE), dans sa globalité, a été estimé à 38,2 millions de dollars américains, dont un prêt de 22,5 millions pour la Reconstruction (BIRD). Par ailleurs, le Gabon a contribué pour 6,1 millions de dollars américains (soit 16%). D'autres bailleurs de fonds participent également au financement de ce projet sous la forme de dons. Tels que l'Union Européenne (UE) pour 11%. Grâce au STABEX, le Fonds Mondial pour la Nature (WWF) pour 4,5% du Budget Général. Enfin, 9,5% des fonds du projet sont à rechercher sous la forme de financements souples pour la réalisation des activités de la composante "création et entretien des réserves".