
Les
objectifs
"Toute personne - enfant, adolescent ou adulte - doit pouvoir bénéficier
d'une formation conçue pour répondre à ses besoins
éducatifs fondamentaux." Ainsi débute l'article 1
de la Déclaration mondiale sur l'éducation pour tous,
qui demeure la pierre de touche de tout développement éducatif
et reste aussi pertinente aujourd'hui qu'à l'heure de son adoption
en 1990.
Le but du Forum mondial sur l'éducation est de transcrire cet
idéal dans les faits. Les délégués ont été
invités à adopter un nouveau Cadre d'action, un document
audacieux et pratique conçu pour aider les pays à répondre
aux besoins éducatifs fondamentaux pour tous d'ici 2015.
Le nouveau Cadre d'action redéfinit les stratégies et
fixe des objectifs opérationnels clairs. Il s'appuie sur les
conclusions du bilan sur l'éducation pour tous à l'an
2000 et contribue au développement de partenariats entre les
gouvernements, les sociétés civiles et la communauté
internationale pour atteindre des objectifs éducatifs mesurables.
Le nouveau Cadre d'action sera traduit en six langues et communiqué
aux grandes conférences des Nations Unies sur le développement
prévues en 2001.
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Le Forum international consultatif sur l'éducation pour
tous s'est tenu à Dakar (Sénégal)
du 26 au 28 avril 2000. Le but de la rencontre était de
présenter les résultats du Bilan de l'Education
pour Tous (EPT) à l'an 2000 et d'obtenir l'engagement de
l'ensemble des partenaires de l'Education à uvrer
afin que l'accès à une éducation de base
de qualité devienne une réalité pour tous
au cours des quinze prochaines années.
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Conférence
mondiale sur l'Education pour tous, Jomtien, Thaïlande, 1990 |
En mars 1990, lors de la Conférence Mondiale sur l'Education
pour Tous à Jomtien-Thaïlande, 155 pays se sont engagés
à tout faire pour que l'éducation de base devienne accessible
à tous et pour réduire l'analphabétisme.
Pour ce faire, six objectifs ont été fixés1 :
- Expansion des activités de protection et d'éveil de la
petite enfance, en particulier pour les enfants pauvres, défavorisés
et handicapés.
- Universalisation de l'éducation primaire et achèvement
du cycle pour tous d'ici l'an 2000.
- Amélioration des résultats de l'apprentissage, de sorte
qu'un pourcentage d'une classe d'âge déterminée atteigne
un certain niveau d'acquisition jugée nécessaire.
- Réduction de moitié du taux d'analphabétisme des
adultes de 1990 d'ici l'an 2000, en mettant l'accent sur l'alphabétisation
des femmes.
- Expansion de l'éducation de base et des formations à d'autres
compétences essentielles destinées aux jeunes et aux adultes
en vue d'améliorer la santé, l'emploi et la productivité.
- Acquisition accrue par les individus et les familles des connaissances,
compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure
et à un développement rationnel et durable, grâce
au concours des médias, des technologies de la communication modernes.
- Acquisition accrue par les individus et les familles des connaissances,
compétences et valeurs nécessaires à une vie meilleure
et à un développement rationnel et durable, grâce
au concours des médias, des technologies de la communication modernes.
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Forum
mondial sur l'éducation pour tous,
Dakar-Sénégal 2000 : |
Dix ans après cet engagement de Jomtien, le Forum Mondial sur
l'Education de Dakar-Sénégal (26-28 avril 2000) a été
organisé pour évaluer les objectifs fixés. Afin de
préparer ce forum, les techniciens, spécialistes, décideurs
de quelques 180 pays ont travaillé pour dresser le bilan de leur
pays. Les résultats du bilan au niveau mondial sont mitigés.
Ce forum a été co-organisé par le FNUAP, le PNUD,
l'Unicef, l'UNESCO et la Banque Mondiale.
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L'Education
pour Tous : Tenir nos engagements collectifs : |
Texte adopté au Forum Mondial sur l'Education (extrait) Dakar,
Sénégal, 26-28 avril 2000 (http://WWW.education.UNESCO.org/efa).
Nous, participants au Forum Mondial sur l'Education, nous engageons à
assurer pour tous les citoyens et toutes les sociétés la
réalisation des buts et objectifs de l'éducation pour tous.
Le Cadre de Dakar est l'expression de notre détermination collective
à agir. Les gouvernements ont le devoir de veiller à ce
que les buts et objectifs de l'éducation pour tous soient réalisés
de façon durable. Il s'agit là d'une tâche qui, pour
être menée à bien avec efficacité, requiert
de larges partenariats dans les pays, soutenus par la coopération
avec les institutions et organismes régionaux et internationaux.
Nous réaffirmons le principe énoncé dans la Déclaration
mondiale sur l'éducation pour tous (Jomtien, 1990), [
], selon
lequel toute personne - enfant, adolescent ou adulte - doit pouvoir bénéficier
d'une formation conçue pour répondre à ses besoins
éducatifs fondamentaux, au sens le plus large et le plus riche
du terme, une formation où il s'agit d'apprendre à connaître,
à faire, à vivre ensemble et à être.[
]
Le bilan mondial de l'éducation pour tous à l'an 2000 (EPT)
montre que des progrès importants ont été accomplis
dans beaucoup de pays. Cependant, il est inacceptable, en l'an 2000, que
plus de 113 millions d'enfants n'aient pas accès à l'enseignement
primaire, que l'on dénombre encore 880 millions d'adultes analphabètes,
[
] des jeunes et des adultes n'ont pas accès aux compétences
et aux connaissances nécessaires pour trouver un emploi rémunéré
et participer pleinement à la vie de la société.
A moins d'un progrès accéléré de l'éducation
pour tous, les objectifs nationaux et internationaux fixés pour
réduire la pauvreté ne seront pas atteints et les inégalités
entre les pays et au sein des sociétés iront s'aggravant.
L'éducation est un droit fondamental de l'être humain. Elle
est la clef du développement durable ainsi que de la paix et de
la stabilité à l'intérieur des pays et entre eux.
[
] La réalisation des buts de l'éducation pour tous
ne saurait être différée plus longtemps. Il est possible
et nécessaire de répondre d'urgence aux besoins éducatifs
fondamentaux de tous.
En conséquence, nous nous engageons collectivement à assurer
la réalisation des objectifs suivants
- développer et améliorer sous tous leurs aspects la protection
et l'éducation de la petite enfance, et notamment des enfants les
plus vulnérables et défavorisés ;
- faire en sorte que d'ici 2015 tous les enfants, notamment les filles
et les enfants en difficulté ou issus de minorités ethniques,
aient la possi-bilité d'accéder à un enseignement
primaire obligatoire et gratuit de qualité et de le suivre jusqu'à
son terme ;
- répondre aux besoins éducatifs de tous les jeunes en assurant
un accès équitable à des programmes adéquats
ayant pour objet l'acquisition des connaissances ainsi que des compé-tences
liées à la vie courante ;
- améliorer de 50% les niveaux d'alphabétisation des adultes,
et notamment des femmes, d'ici 2015, et assurer à tous les adultes
un accès équitable aux programmes d'édu-cation de
base et d'éducation permanente ;
- éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement
primaire et secondaire d'ici 2005 et instaurer l'égalité
dans ce domaine d'ici 2015 en veillant notamment à assurer aux
filles l'accès équitable et sans restriction à une
éducation de base de qualité avec les mêmes chances
de réussite ;
- améliorer sous tous ses aspects la qualité de l'éducation
et garantir son excellence de façon à obtenir pour tous
des résultats d'appren-tissage reconnus et quantifiables - notamment
en ce qui concerne la lecture, l'écriture, le calcul et les compétences
indispensables dans la vie courante.
Pour atteindre ces objectifs, nous, gouvernements, organisations, institutions,
groupes et associations représentés au Forum mondial sur
l'éducation, nous engageons à :
- susciter, aux niveaux national et international, un puissant engagement
politique en faveur de l'éducation pour tous, définir des
plans d'action nationaux et augmenter significativement les investissements
dans l'éducation de base ;
- promouvoir des politiques d'éducation pour tous dans le cadre
d'une action sectorielle durable et bien intégrée, clairement
articulée avec les stratégies d'élimination de la
pauvreté et de développement ;
- faire en sorte que la société civile s'investisse activement
dans la formulation, la mise en uvre et le suivi de stratégies
de développement de l'éducation ;
- mettre en place des systèmes de gestion et de gouvernance éducatives
qui soient réactifs, participatifs et évaluables ;
- répondre aux besoins des systèmes éducatifs subissant
le contrecoup de situations de conflit et d'instabilité et conduire
les programmes d'éducation selon des méthodes qui soient
de nature à promouvoir la paix, la compréhension mutuelle
et la tolérance et à prévenir la violence et les
conflits ;
- mettre en uvre des stratégies intégrées pour
l'égalité des sexes dans l'éducation, qui prennent
en compte la nécessité d'une évolution des attitudes,
des valeurs et des pratiques ;
- mettre en uvre d'urgence des activités et des programmes
d'éducation pour lutter contre la pandémie de VIH/sida ;
- créer un environnement éducatif sain et sûr, inclusif
et équitablement doté en ressources, qui favorise l'excellence
de l'apprentissage avec des niveaux d'acquisition bien définis
pour tous ;
- améliorer la condition, la moti-vation et le professionnalisme
des enseignants ;
- mettre les nouvelles technologies de l'information et de la communi-cation
au service de la réalisation des objectifs de l'éducation
pour tous ;
- assurer un suivi systématique des progrès accomplis du
point de vue des objectifs et des stratégies de l'EPT aux niveaux
national, régional et international ;
- renforcer les mécanismes existants pour faire progresser plus
rapidement l'éducation pour tous.
[
] Tous les Etats seront invités à définir
des plans d'action nationaux ou à renforcer ceux qui existent déjà
avant 2002 au plus tard. Ces plans, s'insérant dans le cadre d'un
effort plus large de développement et de lutte contre la pauvreté,
devront être élaborés selon des processus plus transparents
et plus démocratiques, associant les différents partenaires,
notamment les représentants du peuple, les responsables communautaires,
les parents, les apprenants, les organi-sations non gouvernementales (ONG)
et la société civile. Ces plans définiront également
des stratégies sans équivoque pour répondre aux problèmes
spécifiques de ceux qui sont actuellement les laissés-pour-compte
de l'éducation, en privilégiant clairement l'éducation
des filles et l'égalité des sexes. [
]
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Une volonté politique et une impulsion nationale plus affirmée
sont nécessaires pour garantir la mise en uvre effective
et réussie des plans nationaux dans chacun des pays concernés.
Cependant la volonté politique n'est rien sans les moyens. [
]
Il faut donc mobiliser de nouvelles ressources financières, de
préférence sous forme de dons et d'aides assorties de conditions
libérales, par le biais des institutions de financement bilatérales
et multi-latérales. [
] Nous l'affirmons : aucun pays qui
a pris un engagement sérieux en faveur de l'éducation de
base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources.
La communauté internationale honorera cet engagement collectif
en lançant avec effet immédiat une initiative mondiale visant
à élaborer les stratégies et mobiliser les ressources
nécessaires pour apporter un soutien effectif aux efforts nationaux.
Les pistes à explorer dans le cadre de cette initiative sont les
suivantes :
- renforcer le financement externe de l'éducation, en particulier
de l'éducation de base ;
- améliorer la prévisibilité des flux de l'aide extérieure
;
- assurer une coordination plus efficace des donateurs ;
- développer les approches sectorielles ;
- intensifier, élargir et diligenter l'allégement et/ou
l'annulation de la dette pour lutter contre la pauvreté, avec des
prises de position fermes en faveur de l'éducation de base ;
- prévoir un suivi plus efficace et plus régulier des progrès
réalisés dans la poursuite des buts et objectifs de l'EPT,
sous forme notamment d'évaluations périodiques.
De nombreux pays ont déjà apporté
la preuve de ce que peuvent obtenir des stratégies nationales résolues
et s'appuyant sur une coopération efficace en faveur du développement.
Les progrès réalisés dans le cadre de ces stratégies
peuvent et doivent être accélérés par l'intensification
de l'aide internationale. En même temps, les pays aux stratégies
moins affirmées - comme les pays en transition, les pays en proie
à des conflits ou ceux qui sortent d'une crise - doivent recevoir
tout l'appui nécessaire pour progresser plus rapidement vers les
objectifs de l'éducation pour tous.
[
] L'UNESCO continuera d'assumer le rôle qui lui a été
confié d'assurer la coordination entre les partenaires de l'EPT
et de maintenir la dynamique de leur coopération.

Le Forum de Dakar a été qualifié de "La
plus grande évaluation jamais entreprise dans le domaine de
l'Education"
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