Dans tous les domaines, l'accent est mis sur la nécessité de transformer sur place les matières premières, qu'il s'agisse du bois, des mines, du pétrole, des produits agricoles, de la viande ou du poisson.



L'Agro-Industrie

Depuis une quinzaine d'années, le Gabon s'est résolument lancé dans un vaste programme de production de caoutchouc. A ce jour, HEVEGAG compte environ 10 500 ha de plantation pour une production d'environ 10 000 tonnes en 1997 soit une hausse de 24,5% par rapport à 1996. L'objectif est d'atteindre les 50 000 tonnes grâce aux plantations villageoises et de pousser les exportations.

La production de latex augmente de 19%, passant de 10 693 tonnes en 1997 à 12 705 tonnes en 1998. Elle génère un chiffre d'affaires de même niveau que l'année précédente, 4 829 millions de francs CFA en 1997 et 4 828 millions de francs CFA en 1998 à cause de la chute du cours du caoutchouc naturel. Le kilogramme de latex passe en effet de 578 F CFA en 1997 à 380 F CFA en 1998, du fait d'une offre sura-bondante des producteurs asiatiques (Malaisie, Indonésie) suite à la dévaluation de leurs monnaies.

En 1976, dans le souci de satisfaire les besoins nationaux en produits oléagineux et leurs dérivés par le palmier à huile, une société a été créée, la Société de développement de l'Agriculture au Gabon (AGROGABON) est chargée de trois activités principales :
- Activité agronomique (création d'exploitation de plantations de palmier à huile).
- Activité industrielle (fabrication d'huile de table, savons de ménage, de toilette et autres dérivés).
- Activité commerciale (vente en gros de la production).

Dans la région du Moyen Ogooué, on compte environ 6 500 ha de palmiers répartis sur cinq plantations (Bindo 1 582 ha, Ngounié 1 444 ha, Foula 1 100 ha, O, 414 ha de Ogooué 1 074 ha et Zilé 1 300 ha. Dans la Nyanga, 414 ha de palmiers à Moabi sont gérés par AGROGABON dans le cadre d'une opération zonale intégrée. Deux usines sont chargées du traitement de ces régimes de palme : une huilerie à Makoubé d'une capacité de 30 tonnes/heure, et une usine de fractionnement d'une capacité annuelle de 14 000 tonnes d'huile, soit 9 000 tonnes d'oléine et savonnerie de 2 000 tonnes de savon.

Créée en 1995, SAPA (Société Africaine de Production Agricole) est une unité agro-industrielle de transformation de produits tropicaux (manioc, gari, foufou, café).

Les industries de transformation alimentaire, avec celles des boissons gazeuses, sirops ou eau minérale, ainsi qu'avec le tabac, représentent 30% de la valeur ajoutée du secteur industriel. Elles comprennent la raffinerie de sucre de la Sosuho qui produit du sucre raffiné, à Franceville, et couvre les besoins du pays.

Citons aussi la SMAG qui produit de la farine, des œufs, et des aliments pour bétail, la SIGALI une société laitière industrielle, la SIAEB qui gère une exploitation avicole, une unité de production de nourriture pour volailles, alimentée par une plantation de maïs et soja.

La SOGARA (Société Gabonaise de Raffinage), installée à Port-Gentil traite aujourd'hui environ 800 000 T/an de pétrole brut gabonais. Le capital de la SOGARA est de 1.200.000.000 F CFA réparti entre l'Etat Gabonais et cinq compagnies pétrolières (République gabonise 25%, Total Fina 22,01%, Elf 21,83%, Shell 16,99%, Mobil 11,67%, Agip 2,50%).

La CFG/COTRAB (Compagnie Forestière du Gabon) est un des plus grands producteurs de contreplaqué du monde. Sa spécialité : placage, contreplaqué, sciage du bois Okoumé.





L'industrie chimique est peu développée et porte sur les lubrifiants, les peintures, les gaz industriels, entre autres. La SIDAC fabrique des détergents industriels et ménagers et son unité de fabrication couvre le marché national.

Dans l'industrie de biens de consommation on trouve également des productions de textile, cosmétique, matelas…

Autres industries : matériaux de construction, ciment, papier emballage, industrie extractive, etc…

Les différentes formes d'artisanat

Il est difficile de délimiter la frontière entre l'art, la fabrication d'objets magiques et l'artisanat, d'une part parce que les œuvresd'art répondent à un critère d'utilité comme les plus humbles ustensiles de chasse, de culture ou de cuisine, d'autre part parce que le même soin est apporté à tous. D'ailleurs les trois catégories se rejoignent par les matériaux utilisés : le bois et les fibres, traités en vannerie.

Après ou avec le bois, la vannerie est certainement l'occupation la plus répandue
dans toutes les régions, qu'il s'agisse entre autres, de l'Ogooué-Ivindo, chez les Bakota, du Haut-Ogooué, particulièrement près d'Okondja où les femmes fabriquent des nattes, des paniers, des boîtes, des sacs, etc. Dans l'Ogooué-Lolo, le raphia est tissé en pagnes ou rejoint l'art sacré avec les sculpteurs Aduma qui entourent leurs masques blancs et rouges d'une abondante barbe de fibres de raphia.

Un peu partout, et particu-lièrement dans la Nyanga, il existe, outre le raphia, de nombreuses variétés de fibres se prêtant au tissage et à la vannerie, comme le rotin, les roseaux, les lianes, le bambou, le pandanus, certaines écorces fines et souples. Les paysans occupent leurs loisirs à fabriquer nattes, paniers, nasses, courroies. Ce sont souvent les mêmes qui sculptent et travaillent le bois pour en tirer les mortiers et les pilons dont toutes les ménagères se servent pour traiter les céréales, base de la nourriture quotidienne. Ils se feront aussi, selon les besoins de la famille, forgerons ou potiers.

Depuis plusieurs années, le certi-ficat d'études primaires comporte une épreuve pratique de travail manuel qui empêche les jeunes d'oublier les métiers artisanaux traditionnels, où la vannerie occupe une place prépondérante, car elle a également marqué l'habitat. Non seulement les cases portent des toits de fibres qui varient avec la végétation des régions et qui ont une forme conique ou deux pentes rectangulaires, mais les murs sont souvent faits d'une armature de bambou sur laquelle sont tendues des nattes d'écorce ou de fibres diverses entrelacées.

La vannerie fait d'ailleurs partie des disciplines enseignées à l'Ecole des Arts et Manufactures.