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Ce devrait être une presqu'île, longue de 30 kilomètres,
large de 5 à 6. Mais l'Ogooué, en tordant ses multiples
bras dans tous les sens, l'a coupée complètement de la terre.
Pour qu'il n'y ait pas de jaloux, il a d'ailleurs émietté
le littoral en une multitude d'îlots, parfois minuscules, bordés
de marécages et de palétuviers, de sorte que la frontière
entre l'eau et la terre est partout imprécise. Quant à cette
île, elle auta porté au cours de l'Histoire plusieurs noms.
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Vue
aérienne de Port-Gentil.
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Un baptême difficile
A la fin du XVè siècle, les Portugais l'appellent île
Lopez, d'après un de leurs navigateurs, donnant au tout le nom
de la partie, puisque c'est d'abord la pointe effilée terminant
l'île en pleine mer qui fut et qui est restée "Cap Lopez".
Mais c'est du nom d'un arbre utilisé pour la fabrication des pirogues
et des meubles, le mandji, qui prédominait dans la végétation
naturelle du delta, que les ethnies Myené désignaient l'ensemble
de la plus grande des terres insulaires, et c'est ce terme qui l'a finalement
emporté.
La ville de Port-Gentil est construite en un long rectangle dont la base
longe la côte Est de cette langue de terre, du côté
où débouche la majeure partie des eaux de l'Ogooué.
Pourquoi le nom de Gentil ? C'est celui d'Emile Gentil, administrateur
de l'Afrique Equatoriale Française (AEF), qui effectua une mission
hydrographique au Gabon entre 1890 et 1892 et qui devin, Dieu sait pourquoi,
le parrain de ce port qu'il n'avait pas créé.
Car en 1850, Monseigneur Bessieux, décidément très
entreprenant, avait le premier essayé de fonder une mission au
Cap Lopez, puis du Chaillu y avait fait un séjour en 1857.
En 1862, après des tentatives malheureuses auprès des chefs
Orungou qui commandaient les bouches de l'Ogooué, grâce au
roi Ndébulia qui d'ailleurs ne réside pas dans l'île,
mais, plus à l'Est, à Sangatanga, le drapeau français
flotte sur l'île, tandis que le lieutenant Serval et le docteur
Ballay partent en reconnaissance sur l'Ogooué. Mais ce n'est qu'en
1884 que le père Neu reçoit du roi Nyangenione l'autorisation
d'installer une mission au Cap Lopez. Ce n'est pas encore à ce
moment que Port-Gentil commence vraiment sa croissance. Pour cela il lui
faudra attendre la fin de la guerre de 1914. Jusque-là, il s'agira
plutôt d'un chapelet de villages entourant un poste et une mission.
La ville est donc relativement jeune et a gardé dans beaucoup de
quartiers sa parure d'arbres et de fleurs. D'ailleurs, dans le nord de
l'île, entre le cur urbain et le Cap Lopez s'étend
encore une véritable forêt pratiquement intacte.
L'architecture, malgré les immeubles modernes qui bordent l'artère
principale, l'avenue Savorgnan-de-Brazza, parallèle au rivage,
ou qui commencent à éclore aux quatre coins de la ville,
a conservé de nombreux exemples des siècles passés,
avec des maisons à véranda de bois, dans le quartier européen,
près de l'estacade, tandis que dans les quartiers populaires, tels
que la Balise, Quartier Chic, Grand Village, Sindara, Rombintchozo, qui
s'étendent à l'Ouest du boulevard Léon M'Ba, lui-même
à l'Ouest de l'avenue Savorgnan-de-Brazza, aux maisons en "dur"
se mêlent encore des constructions à murs et toits composés
de planches.
Le front de mer
Le long du rivage, entre l'appontement où viennent accoster les
bateaux exportant les billes de bois et le petit port de pêche,
se prélasse une promenade enfouie sous les arbres. Au Sud, la pointe
Akasso derrière laquelle s'étend le fief d'Elf-Gabon, borne
ce front de mer, tout près de l'endroit où s'élève
l'hôtel Méridien "Mandji", avec cent chambres,
des salles de conférences, un restaurant, une piscine, des boutiques.
On trouve près de l'hôtel de jolies villas de style colonial,
entourées de jardins, la chambre de commerce, l'hôtel de
ville, le marché et le port-môle dont il longe la base. C'est
sur cette belle promenade ombragée de cocotiers que s'établit
le Port-Gentil primitif où les factoreries se succédaient,
de part et d'autre du wharf, entre les villages indigènes et les
îlots forestiers.
Le wharf abrite vers le Sud le petit port de pêche où entrent
et sortent toute la journée pirogues et chalutiers. C'est également
de ce côté qu'est situé le siège de la CNI,
bien que ce soit de l'autre côté du wharf que se trouve le
bureau où l'on prend les billets et près duquel s'effectuent
les embarquements. Près du port de pêche, derrière
l'avancée du quai se tient, de l'autre côté de la
promenade, le bâtiment du grand marché, d'où débordent
quelques éventaires protégés par des bâches.
Le quai devient alors une prolongation du marché, car les thons,
les capitaines, les espadons, les requins, encore tout frétillants,
sont vendus sur le sol par des femmes énergiques qui savent arrêter
le client de la voix et du geste.
A gauche du bâtiment où se mêlent fruits, légumes,
viandes, poissons séchés ou frais, épices, poudres,
onguents, huiles, ustensiles ménagers, tissus, vêtements,
chaussures, une placette, ombragée d'un seul arbre, a autour d'elle
attiré d'autres boutiques faisant en même temps buvettes
: le matin on vient y boire debout un café au lait avant de retourner
servir la clientèle ou reprendre la mer. Et toute la journée,
la bière y coule à flots.
Vers le Nord, après avoir traversé la rue qui joint le front
de mer à l'avenue Savorgnan-de-Brazza, on est accueilli par le
"Café du Wharf", qui tint longtemps une place de choix
dans la vie mondaine de Port-Gentil.
Au rendez-vous du tout Port-Gentil
Le centre-ville s'arrête, dans la direction du Nord, au boulevard
du Gouverneur qui part de l'extrémité du wharf et va jusqu'au
rond-point de l'avenue Léon M'Ba. Presque en face de celui-ci,
en remontant vers le Nord, le boulevard du Président Bongo traverse
une zone marécageuse et aboutit à l'aéroport. Mais,
du boulevard du Gouverneur tournons avant le rond-point vers le Sud, le
long de l'avenue Savorgnan-de-Brazza, épine dorsale du quartier
central.
Cette large avenue ombragée de badamiers, alors que toutes les
petites rues qui la joignent à la promenade du littoral sont, elles
plantées de cocotiers, perd un peu de sa parure de verdure au fur
et à mesure qu'elle se rapproche des alentours du grand magasin
"Score" et de sa place parking, le vrai centre actuel de la
ville. Mais elle est encore silencieuse et ombragée, dans un premier
temps, devant l'hôpital provincial, l'immeuble du Trésor,
la Banque de Paris et des Pays-Bas, le commissariat de police et la poste.
Peu après, voici le "Score" et la place qu'il commande,
entourée de multiples magasins, cafés,
et de bijoutiers.
En face et plus bas que le "Score" sont également groupés
des galeries avec boutiques de toutes sortes, plusieurs discothèques,
des restaurants, des bars. Certains de ces hauts-lieux, comme la "Rhumerie",
sont situés dans de vieilles maisons coloniales à rez-de-chaussé
à galerie ou porche couverts. Au milieu de bâtiments ultra-modernes,
comme le second hôpital que fit construire la Caisse Nationale de
Sécurité Sociale de Libreville au début des années
80, et qui s'élève peu après sur le côté
droit de l'avenue, on continue d'ailleurs à voir de nombreuses
maisons à un étage qui donnent à cette avenue tout
son charme.
La plus vieille église de Port-Gentil
Derrière l'hôpital, donnant sur une rue parallèle,
la "vieille" cathédrale Saint-Louis, elle aussi entourée
d'une galerie à arcades, semble avoir été construite
bien avant le moment où elle a été en réalité
édifiée, c'est-à-dire en 1930
En continuant vers l'Ouest, on parvient devant la rue perpendiculaire
longeant le stade de la Grande Mosquée et celle-ci qui ont donné
son nom au quartier. C'est ici qu'habitent les Haoussa musulmans dont
beaucoup sont tailleurs, bijoutiers, vendeurs d'objets d'art. Comme dans
les autres quartiers populaires, la plupart de ses rues ont un sol de
sable et des maisons de plain-pied. Un marché y a été
construit, mais, sous les cocotiers qui ombragent les rues, des femmes
vendent isolément du poisson, du maïs, des beignets et bien
d'autres choses.
Revenons sur l'avenue Savorgnan pour y voir des boutiques, le palais de
justice et, à côté d'une pharmacie, la Maison de la
Presse. Dans cette remarquable librairie, on est sûr de trouver
non-seulement les nouveautés, mais des employées aimables
et une directrice qui se fait un plaisir de vous parler d'une ville dont
elle décrit avec enthousiasme les atouts, en particulier ceux que
l'on peut trouver au club SOGARA (Société Gabonaise de Raffinage).
L'empire du pétrole
Après avoir été le fief des forestiers qui y embarquaient
leur bois dans le port en eau profonde qui s'étend au Nord du quartier
central, Port-Gentil s'est doublé, encore plus au Nord, le long
de la baie du Cap Lopez, des gigantesques installations d'un terminal
pétrolier, avec la raffinerie de la SOGARA, dans la zone industrielle.
Même ceux qui n'éprouvent pour le pétrole qu'un intérêt
modéré se mettront volontiers sur les rangs à cause
de la promenade en mer. Avant de pénétrer dans l'empire
du pétrole, ne sous-estimons pas pour autant celui du bois, qui
d'ailleurs se trouve sur notre chemin. En effet la Compagnie Forestière
du Gabon (CFG), qui a donné son nom à l'ensemble du quartier
où elle s'étend, a son siège et son usine de contreplaqué,
la plus grande du monde, au Nord de la zone que nous venons de visiter,
c'est-à-dire derrière la rue Peyrecave où vient buter
l'extrémité Nord du boulevard Léon M'Ba. Là
encore il est possible de visiter et cela en vaut la peine, même
si cela prend du temps pour parcourir toutes les étapes au cours
desquelles les grosses billes d'Okoumé, le bois qui se prête
le mieux à cette utilisation, sont d'abord écorcées,
déroulées en une fine lamelle de bois qui doit ensuite être
séchée, coupée aux dimensions des futurs panneaux,
réalisés ensuite en multicouches de cette pellicule.
C'est loin derrière le quartier CFG qu'on découvre l'empire
SOGARA, après avoir eu la surprise de traverser une vraie forêt,
classée et sans aucune construction. La raffinerie où l'on
ne pénètre pas sans autorisation spéciale, suivie
par la Cité construite pour les cadres de la SOGARA, s'étend
entre la pointe Clairette et l'embouchure d'une petite rivière.
Edifié en bordure d'une plage parfaitement protégée,
puisqu'elle se trouve sur la baie du Cap Lopez, et non du côté
de l'Océan, le club nautique est ouvert à tous, même
aux gens de passage. On y trouve un restaurant, un tennis et la possibilité
de pratiquer tous les sports nautiques, comme les quatre régates
annuelles, la pêche au gros, le ski nautique ou le jet-ski, c'est-à-dire
la moto de mer qui a donné lieu en 1992 à une compétition
internationale.
A proximité, un ranch qui loue des chevaux à tout le monde,
un club d'ULM, un golf de 18 trous
Et au Cap Lopez, exposé,
lui, aux longues vagues de l'Océan, on pratique le surf. Rien d'étonnant
à ce que Port-Gentil soit considéré par les sportifs
comme le paradis.
Les fêtes du samedi soir
A l'Ouest du boulevard Léon M'Ba, donc, se trouvent les quartiers
populaires qui semblent avoir chacun une personnalité marquée,
bien que tous vivent davantage la nuit que le jour. Mais la Balise est
connue pour ses boutiques et son marché, le Quartier Chic, pour
ses coiffeurs et ses tailleurs
et pour le fait que c'est le centre
de la fête, avec ses bars, ses maquis, ses deux cinémas.
Rombintchozo doit son nom au fait qu'il est facilement inondable et qu'on
y enlève ses chaussures. Quant au quartier La Mosquée, avec
deux principales mosquées, l'une en face de l'autre, plus de nombreuses
autres toutes petites.
Le samedi soir est particulièrement réservé aux fêtes
traditionnelles, semi-religieuses, semi-profanes. Mais, il n'est pas facile
pour un étranger d'en décrypter la signification. D'ailleurs
on a vite fait de lui répondre, s'il interroge au sujet des femmes
vêtues de blanc qu'il voit danser autour d'une flamme, qu'il s'agit
de Bwiti
alors que le Bwiti est réservé aux hommes.
Il est vrai que le Bwiti n'était pas pratiqué originairement
par les populations du delta, mais par les esclaves venus soit du Haut
Ogooué soit du bassin de la Ngounié, dont les Mitsogho qui
en furent probablement les premiers initiateurs. Ceux qui furent achetés
pour rester sur place à leurs services par les trafiquants noirs
ne firent donc que transmettre des rites qui furent peut-être abatardis
au point d'être livrés aux femmes ? A moins que, plus vraisemblablement,
il ne s'agisse d'adeptes du Ndjembé. Mais personne n'a jamais révélé
si elles utilisaient ou non de l'iboga, cette plante hallucinogène
autrefois utilisée pour les initiations. Il n'est pas rare de voir
des femmes écraser de l'écorce d'iboga et la fumer dans
une petite pipe.
Une base de découverte
Mais le séjour à Port-Gentil reste centré sur la
mer et le fleuve. Des agences de voyage organisent des sorties en mer
et dans le delta et loue des pirogues.
Une journée passe vite sur les eaux calmes de la baie ou sur les
innombrables bras du fleuve, bordés de palétuviers, dont
les racines aériennes forment parfois une voûte suffisamment
haute pour qu'une personne puisse s'y tenir debout et qui sont peuplés
d'une multitude d'oiseaux multicolores.
On peut aussi choisir Port-Gentil comme base pour aller passer quelques
jours dans un des camps de pêche situés un peu plus au Sud
ou s'embarquer du port-môle à bord d'un des bateaux rapides
qui partent à 7 heures du matin de Port-Gentil pour arriver à
Lambaréné à 13 heures. D'autres bateaux encore vont
jusqu'au fond de la lagune Fernan Vaz en s'arrêtant devant l'ex-Mission
Sainte Anne, transformée en hôtel.
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Eglise Sainte Anne dans le Fernan Vaz.
Le monument métallique a été construit
par le célèbre ingénieur français Eiffel.
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Au royaume de la pêche
La côte maritime gabonaise au Sud de Port-Gentil est une constellation
de lagunes immenses réputées pour leur fond poissonneux.
Les campements d'Iguéla et d'Olendé sont un mélange
de lagune, de forêt vierge, de campement de brousse, de réserve
animalière et de pêche. On pêche toute l'année
au Gabon. Une pêche
miraculeuse, vous attend à Olendé,
construit entre l'océan et la lagune au Nord d'Iguéla à
80 km au Sud de Port-Gentil. Ce site de pêche très réputé
fera le bonheur des amoureux de la nature. Le Centre de pêche vous
accueillera dans l'un de ses six bungalows au confort rustique. Vous apprécierez
la convivialité de ce lieu et de ses propriétaires qui se
feront un plaisir de partager avec vous leurs passions.
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