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Forte aujourd'hui de 188 membres, l'Unesco
n'a pas vécu coupée de l'agitation du monde même si
sa mission était essentiellement d'ordre intellectuel. Elle en
a subi, parfois durement, les contrecoups. Pour des raisons diverses,
dix pays s'en sont ainsi retirés mais huit y sont retournés.
Seuls, les Etats-Unis et Singapour demeurent, pour le moment, en dehors
de l'Organisation.
La Grande-Bretagne est de retour au bercail : l'Union
Jack a de nouveau été hissé, le 1er juillet 1997,
place Fontenoy, après douze ans d'absence. A cette occasion, le
ministre d'Etat britannique du développement international, Mme
Clare Short, promit que son pays participerait au processus continu
de changement engagé voici dix ans par le Directeur Général.
Nous ne recherchons pas le changement pour le changement, ajouta-t-elle,
mais un accroissement de l'efficacité et de l'impact de l'Unesco.
Et M. Mayor de se réjouir de ce retour dans la mesure où
le Royaume-Uni fut une des forces motrices de la création de notre
Organisation, le lieu où son Acte constitutif fut adopté
et où il est toujours déposé, la patrie de son premier
Directeur Général, Julian Huxley, et de certains de ses
plus remarquables fonctionnaires au fil des ans.
Ce n'est pas le moindre des membres de la communauté
internationale - à savoir les Etats-Unis - dont l'Unesco attend
avec impatience le retour. Dans son message rédigé à
l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Organisation, le chef
de l'Exécutif américain l'a laissé entrevoir, assurant
que ce retour reste une de (ses) priorités. Se félicitant
que l'Organisation ait fait de grands pas pour répondre aux
inquiétudes et aux problèmes qui avaient conduit (son) pays
à s'en retirer en 1984, M. Bill Clinton a dit sa détermi-nation
à trouver les ressources budgétaires nécessaires
pour que ce vu devienne réalité.
Dans son intervention à la tribune de l'Organisation
lors du cinquantenaire de l'Organisation, le Président de la République
Française, M. Jacques Chirac, s'était adressé aux
grands absents qui ont tant à apporter à l'Unesco. Je
voudrais ici les appeler à nous rejoindre, avait-il déclaré,
leur dire combien leur participation nous est nécessaire, combien
leur absence est aujourd'hui inexplicable.
Unesco : fiche d'identité
Trois instances composent l'Unesco
:
La Conférence générale, qui réunit
tous les Etats membres en général tous les deux ans, est
l'organe souverain de l'Unesco. Selon la règle : un Etat une voix,
elle arrête les programmes et le budget de l'Organisation.
Le Conseil exécutif, où sont représentés
58 Etats membres, se réunit en général deux fois
par an. Il joue le rôle d'une sorte de conseil d'administration,
veillant à la bonne exécution des décisions de la
Conférence générale et préparant le travail
de cette dernière.
Le Secrétariat, placé sous l'autorité du Directeur
général, élu pour six ans par la Conférence
générale, est chargé de traduire dans la réalité
les engagements pris par les Etats membres.
Le poste de Directeur Général est actuellement occupé
par Koïchiro Matsuura, élu en 1999 pour un mandat de six ans.
- 2 159 fonctionnaires, cadres et non cadres sont membres du Secrétariat
; 645 travaillent hors Siège dans 73 bureaux répartis sur
les cinq continents.
- 189 Etats membres ont créé une Commission nationale qui
réunit des représentants des communautés éducatives,
scientifiques et culturelles nationales.
- L'Organisation a également établi un partenariat avec
d'autres agences spécialisées des Nations Unies.
- 344 organisations non gouverne-mentales (ONG) entretiennent des relations
officielles de coopération avec l'Unesco.
- 6 668 Ecoles associées forment des jeunes dans un esprit de tolérance
et de compréhension internationale.
Près de 6 000 centres, associations et clubs Unesco relaient l'action
de l'Organisation sur le terrain, avec le concours du public.
- 173 Etats membres ont établi une délégation permanente
au Siège à Paris.
L'Unesco a engagé un processus de réforme et de rénovation
afin de s'adapter aux réalités nouvelles d'un monde complexe
en pleine mutation. Ce processus de réforme a débuté
en 1988 et se poursuivra jusqu'à 2001.
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Les principes de l'Unesco
Les principes qui ont inspiré la création
de l'Unesco demeurent aussi importants de nos jours qu'ils l'étaient
en 1946 :
-
Une population instruite et consciente de ses droits fondamentaux
a d'autant plus de chances de profiter des avantages de la démocratie
et du développement.
- L'égalité
dans la diffusion des bienfaits de la science et de la technologie
aux peuples du monde améliore leur état de santé
et leur bien-être.
- Le
sens de l'identité culturelle et l'ouverture aux autres
cultures développent la compréhension mutuelle et
la conscience d'une communauté de valeurs.
-
La libre circulation des écrits et des idées est
la condition de l'épanouissement de la démocratie.
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Le
budget de l'Unesco
L'Organisation dispose de moyens financiers limités.
Son budget ordinaire pour 1998-1999 s'élevait à 544,3 millions
de dollars, en faible progression par rapport au précédent
exercice biennal : 518,4 millions. C'est à peu de choses près
le budget d'une grande université. Quant au budget ordinaire pour
2000-2001, il n'a pas été augmenté et reste à
544 millions de dollars composés par les contributions des Etats
membres.
Le récent retour de la Grande-Bretagne ne change
rien au fond de l'affaire. Les contraintes budgétaires que subit
l'Unesco - et elle n'est pas la seule agence spécialisée
du système onusien à affronter pareille situation - lui
sont essentiellement imposées par les propres difficultés
budgétaires des Etats membres, notamment les plus riches, de ce
fait de moins en moins enclins à supporter une augmentation même
nominale de leur contribution obligatoire.
L'Organisation s'efforce donc de compléter
ces ressources financières par des apports extrabudgétaires,
en clair des contributions volontaires qu'elle reçoit de gouvernements,
d'organisations internationales, régionales ou nationales et de
particuliers. Pour l'essentiel, ces fonds lui sont versés par ses
principaux partenaires au sein du système onusien comme le Programme
des Nations Unies pour le développement (PNUD) ou le Fonds des
Nations Unies pour l'enfance (Unicef), qu'elle associe de plus en plus
étroitement à ses initiatives.
Mais, aujourd'hui, la première source de financement extrabudgétaire
repose sur les fonds-en-dépôt ou les comptes spéciaux,
destinés à des projets précis et mis à sa
disposition par des pays donateurs au profit d'un pays tiers. Reste que,
pour faire face à ses obligations, l'Unesco est contrainte de mobiliser
aussi des fonds auprès du secteur privé, que ce soit, par
exemple, auprès d'une chaîne de magasins français
pour venir en aide aux enfants cambodgiens ou auprès d'une entreprise
française de ventes par correspondance pour s'intéresser
au sort des enfants en détresse.
Le montant approuvé des programmes opérationnels extra-budgétaires
pour l'exercice 2000-2001 est de 250 millions de dollars, dont 62 millions
de dollars proviennent du PNUD et d'autres agences des Nations Unies,
113 millions de dollars des fonds-en-dépôt (FIT). Les FIT
sont des fonds destinés à des projets spécifiques
mis à la disposition de l'Unesco par des pays donateurs au bénéfice
d'un pays tiers.
Jusqu'en 1970 le Programme d'Assistance technique des Nations Unies (TA,
EPTA), 1950-1970, et le Fonds spécial des Nations Unies (SF), 1960-1970,
étaient les partenaires les plus importants de l'Unesco. Actuellement,
les principaux contri-buteurs financiers sont :
- Fonds-en-dépot (FIT) PNUD (Programme des Nations Unies pour le
développement.
- FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population).
- Banque mondiale et banques régionales de développement
Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance).
- PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement).
- PAM (Programme alimentaire mondial).
- Etats membres ayant versés des contributions volontaires au bénéfice
des programmes de l'Unesco.
- Experts associés.
- Fondations.
Secteurs du programme et des thèmes transversaux :
(le total des frais des programmes y compris les frais des services ordinaires
et administratifs sont calculés en pourcentages du budget régulier
pour 2000-2001).
- Education : 30,9%
- Sciences naturelles, sociales et humaines : 24,3%
- Culture : 12,1%
- Communication, Information et Informatique : 9,2%
- Projet transdisciplinaire : Vers une culture de la paix : 5,8%
- Activités transversales : 5,3%
- Programme de Participation : 6,2%
- Services d'information et de diffusion : 6,2%.
Malgré tout, une sévère politique d'austérité
est à l'ordre du jour depuis plusieurs années. Elle a notamment
été marquée par une diminution des effectifs - 17%
au Siège et 10% hors Siège - qui, de janvier 1988 à
janvier 1999, toutes catégories confondues, sont passés
de 2 848 à 2 406 dont 1 313 femmes. Les dépenses de personnel
représentent, aujourd'hui, à peine plus du tiers du budget
total de l'Unesco.
Cette baisse des effectifs a été plus forte parmi les hommes
que parmi les femmes : - 22% au lieu de - 9%. En harmonie avec les grandes
orientations éthiques de l'Unesco et singulièrement avec
le Plan d'action sur l'égalité des chances entre les femmes
et les hommes, l'objectif visant à faire en sorte que, d'ici à
la fin de 2001, la moitié des nouveaux membres du cadre organique
engagés soient des femmes, est déjà presque atteint.
En revanche, l'austérité budgétaire qui a sévi
tout au long de la décennie, n'a pas autorisé l'indispensable
rejeunissement du personnel, donnant ainsi de l'Unesco l'image d'une organisation
vieillissante.
La surveillance et la réduction des coûts passe aussi par
une lutte sans merci contre les gaspillages de toutes natures. C'est ainsi
que la durée des sessions biennales de la Conférence générale
qui variait entre 31 et 37 jours avant 1989, a été ramenée
à 23 jours ouvrables en 1995. Quant au volume de la documentation
produite par ces sessions, il est tombé de 47 400 à 21 000
pages.
Depuis l'exercice 1994-1995, l'évaluation des programmes qui consiste
à juger de la valeur des résultats obtenus est devenue pratique
courante, chaque secteur en cause devant consacrer 0,5% de ces coûts
directs à cette expertise. Le but est de généraliser
ces vérifications au Siège et hors Siège et de les
affiner grâce à un nouveau système informatique de
surveillance et d'information pour en arriver à créer, au
sein de l'Organisation, une véritable culture de l'évaluation.
C'est, pour l'Unesco, un impératif moral de s'assurer que chaque
dollar de son budget est géré et dépensé de
la manière la plus efficace.
Obligation de résultats
Ces contraintes budgétaires que l'on ne peut qualifier de passagères,
ont conduit l'Unesco, depuis plusieurs années, à mieux définir
ses tâches et à mieux organiser son travail. Ainsi, s'est
imposée l'idée d'une concentration des programmes, sans
que celle-ci soit nécessairement synonyme d'abandon de certaines
activités. L'objectif clairement affiché est de faire
moins pour faire mieux.
Au regard des moyens financiers dont elle dispose, l'Unesco ne peut s'offrir
le luxe d'apparaître comme une Organisation touche-à-tout
même si, de par la mission que lui a fixé son Acte constitutif,
elle est appelée à défendre des valeurs universelles
comme la paix, le développement et la démocratie, ce qui,
a priori, pourrait justifier de sa part un interventionnisme tous
azimuts. La rigueur des temps lui a donc commandé de mieux cibler
ses actions prioritaires, en retenant notamment celles qui, au travers
de divers relais locaux ou internationaux, sont assurées de lendemains
prometteurs.
Si le deuxième Plan à moyen terme 1984-1989 avait retenu
quatorze grands programmes et pas moins de cinquante-quatre sous-programmes,
le troisième Plan 1990-1995 a singulièrement simplifié
ce dispositif en le limitant à sept champs majeurs de programme
et dix-sept sous-programmes. Quant aux grandes Stratégies en cours
pour la période 1996-2001, elles ont été déclinées
sous deux thèmes : le développement et l'édification
de la paix.
Cet effort de concentration des activités s'est accompagné
d'un égal effort pour s'adapter aux nouveaux rythmes de vie qui
découlent de la chute du mur de Berlin. La fin de la guerre
froide a aussi sonné le glas des institutions planifiées,
au profit de structures plus souples et plus efficaces, préservant
à tout moment une vision précise de leurs objectifs et de
leur mission. Ce souci de flexibilité s'est traduit, en 1995,
dans le document qui fixe les orientations de l'Unesco pour les six ans
à venir, par l'abandon de la notion de Plan au profit de celle
de Stratégie.
Cette souplesse dans la mise en uvre de son programme a conduit
l'Unesco à favoriser des synergies, à prendre ainsi des
initiatives qui, dans tous les domaines de sa compétence, chevauchaient
les différentes disciplines et les différents secteurs d'activité.
Pour répondre aux besoins particuliers et urgents de certains groupes
de pays mais dans le cadre de ses priorités globales, il lui est
aussi arrivé de mettre sur pied des stratégies spécifiques.
Ce fût notamment le cas, en 1994, avec la création, en son
sein, d'une Unité de coopération avec les sept pays lusophones
situés sur trois continents mais réunis par l'usage d'une
même langue.
D'une manière générale, la Stratégie à
moyen terme 1996-2001 a marqué un profond renouvellement du processus
de programmation auquel sont associés non seulement le Secrétariat
de l'Unesco mais encore l'ensemble de l'Organisation, et au delà
les Etats membres. En outre, le concept même de programmation s'est
étoffé puisque celle-ci ne se résume plus à
dresser une simple liste d'activités à exécuter,
encore faut-il que soient ciblés les résultats et précisés
les moyens financiers et humains nécessaires pour les atteindre.
En cherchant à substituer peu à peu à une obligation
de moyens, une obligation de résultats, l'Unesco cherche,
au seuil d'un nouveau millénaire, à renforcer sa crédibilité.
Attachée à la défense d'un idéal de paix qui
a le temps pour allié, l'Organisation tente ainsi de désarmer
les reproches de ceux qui pourraient éventuellement lui reprocher
de ne brasser que du vent. On comprend dès lors que, pour
minimiser ce risque, elle veuille désormais travailler davantage
encore à l'écoute de tous ceux qu'elle a moralement en charge.
Au plus près du terrain.
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Nouveaux mécènes
Dans le cadre du processus de réforme qu'elle a engagé,
l'Unesco a adopté une politique visant à augmenter
sa capacité à obtenir des fonds du secteur privé.
Des projets de plus en plus nombreux sont ainsi financés
par des entreprises.
Ainsi Rhône-Poulenc finance dans de nombreux pays du monde,
dont le Viet Nam, des projets relatifs à la défense
du patrimoine culturel. En Mauritanie, la société
participe, en compagnie de la Fnac, au sauvetage, à la restauration
et à l'entretien de manuscrits du Coran, de traités
de médecine, de philosophie ou d'astronomie datant du XIIè
au XIXè siècle, retrouvés dans les cités
autrefois prospères de Ouadane et de Chinguetti, Sorbonne
du désert. Ces deux villes puissantes, au croisement de plusieurs
routes caravanières, avaient un rayonnement économique
et culturel intense. Les témoignages de cette grandeur passée,
éparpillés dans les quelques maisons encore habitées
de ces villes menacées par l'avancée du désert,
ont une grande valeur historique et scientifique mais ils se dégradent
dangereusement, conservés dans des malles ou des armoires,
sans véritable soin ni protection contre les agressions extérieures
et la rigueur du climat.
Repérer et cataloguer les manuscrits originaux, les restaurer
et initier les villageois aux techniques de conservation, sensibiliser
toute une population à la protection et à la mise
en valeur de son patrimoine culturel, telle est la tâche qui
incombe à ces nouveaux mécènes. Chinguetti
et Ouadane, presque désertes aujourd'hui, pourraient retrouver
une âme et de nouvelles activités grâce à
la renaissance de ces manuscrits.
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Au plus près du terrain
Pour une Organisation à vocation planétaire comme l'Unesco,
la place Fontenoy, à Paris, est-elle le centre du monde,
le siège d'où tout part et où tout aboutit ? C'est
un schéma de fonctionnement bien différent qui a été
choisi et se met en place depuis le début de la décennie.
A l'époque planétaire où nous vivons, où
les communications peuvent unir en temps réel et à faible
coût les éléments d'une structure dispersée,
il faut concevoir une décentralisation de l'Organisation qui la
fasse fonctionner comme une famille de centres nerveux répartis
sur toute la terre.
L'Unesco de demain devrait pouvoir se définir - référence
à la phrase de Pascal -, comme une sphère dont le centre
est partout et la circonférence nulle part. L'Organisation
a ainsi fait sienne, avant l'heure, la recommandation de la Commission
mondiale de la culture et du développement qui, dans son rapport
publié en juillet 1996, louait les vertus de méthodes
et de procédures telles que la délégation de pouvoir
et la décentralisation qui permettraient aux individus de faire
entendre leur voix et d'influer sur les décisions.
Le premier coup de pioche du chantier de la décentralisation avait
été donné, en février 1989, lorsqu'avait été
créé le Bureau de coordination des unités hors Siège,
chargé de soutenir ce processus. Puis, au début des années
90, le Directeur Général de l'Unesco avait souligné
l'intérêt de développer des stratégies régionales
pour encourager les Etats membres à participer plus étroitement
aux activités de l'Organisation.
Les bureaux hors Siège forment, aujourd'hui, un réseau de
compé-tences dense au service des pays de la région qu'ils
couvrent, pour la définition des programmes et leur exécution.
Leur nombre n'a donc cessé de croître en fonction des besoins,
passant de 54 à la fin de 1995 à 72 à ce jour. A
cet égard, une attention particulière a été
portée à la création d'Unités dans des Etats
récemment indépendants ou en situation de conflit ou de
postconflit. C'est ainsi que, de 1987 à 1999, le nombre de ceux
qui ont été installés en Afrique subsaharienne a
augmenté de 9 à 24.
La stratégie en la matière a consisté, au cours de
la dernière décennie, à renforcer la capacité
d'intervention de ces bureaux en leur allouant des ressources suffisantes,
à la fois matérielles avec le développement du système
de communication électronique, et surtout humaines grâce
notamment à la mise à disposition d'experts en plus grand
nombre. La baisse générale des effectifs, entre 1988 et
1999, a été plus faible pour le personnel hors-Siège
(-10%) que pour le personnel du Siège (-17%).
A ce jour, toutes catégories confondues, 27,9% des effectifs de
l'Unesco travaillent hors maison mère. Ce pourcentage est loin
d'être négligeable pour une Organisation dont le mandat,
à la différence de celui d'autres agences spécialisées
de l'ONU, ne concerne pas exclusivement des activités de coopération
technique.
Le Directeur Général entend pousser encore plus avant cette
politique de décentralisation qui n'est pas conçue comme
un simple déplacement géographique d'activités ou
un simple transfert hors Siège de matériel, de postes ou
de ressources. Le budget pour 2000-2001 marque une étape décisive
dans la stratégie de répartition des tâches entre
le Siège et les régions, en procédant, le cas échéant,
aux ajustements nécessaires en termes de personnel et de ressources.
Cela dit, les commissions nationales qui ont été mises en
place dans la quasi-totalité des 188 Etats membres - à ce
jour, on en compte 186 -, sont le seul mécanisme institutionnel
dont dispose l'Unesco pour associer les Etats membres à ses activités.
Prévues dans l'Acte constitutif pour jouer le rôle d'organe
de liaison, elles sont composées de personnalités des
milieux intellectuels et scientifiques.
La Stratégie à moyen terme 1996-2001 a pris en compte la
nécessité d'optimiser les liens qui existent entre
le Siège et ces institutions nationales, voire d'en imaginer de
nouveaux, tant est capital le rôle de ces dernières pour
mobiliser des partenaires sur le terrain. Cette Stratégie s'est,
en outre, fixée pour objectif d'améliorer le fonctionnement
de ces commissions par le biais d'une assistance technique et financière.
Cette implication étroite dans la préparation des programmes
à travers le rôle qu'y jouent à la fois les bureaux
hors Siège et les commissions nationales, a permis d'augmenter
la part des activités décentralisées de l'Unesco,
et surtout d'assurer une meilleure adéquation des programmes aux
besoins des Etats membres. La décentralisation n'est pas une
fin en soi, mais une stratégie susceptible d'assurer un impact
tangible aux projets de l'Organisation, et de satisfaire ainsi son exigence
d'efficacité.
C'est pour cette raison-là que l'Unesco n'a cessé, au cours
de la dernière décennie, de développer, d'un bout
à l'autre de la planète, des stratégies régionales
et sous-régionales. Ainsi a-t-elle conçu et engagé
des actions spécifiques en direction de l'Afrique, des Caraïbes,
du Pacifique, de l'Océan Indien, de la Baltique, de l'Europe de
l'Est, de la Méditerranée.
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