L'Acte constitutif de l'Unesco.

Les Etats membres sur le devant de la scène

Ils étaient éducateurs, juristes, écrivains, philosophes ou chercheurs, tous ceux qui, à l'origine, ont mûri dans leur tête l'idée de créer un organisme de coopération intellectuelle pour lutter contre les vraies causes des guerres que sont l'ignorance, l'injustice et la violence. C'est ainsi que la Commission Internationale de Coopération Intellectuelle (CICI), mise en place, en janvier 1922, par la Société des Nations (SDN), était composée de personnalités élues pour leurs qualités personnelles, et présidée par le philosophe français, Henri Bergson. Quant au Bureau International d'Education (BIE), créé, en décembre 1925, à Genève, comme organisation non gouvernementale, il avait à sa tête le psychologue suisse, Jean Piaget.

Ce furent ensuite les Etats qui, à Londres, en pleine guerre, reprirent le flambeau des mains de ceux qui ne désespéraient pas de voir triompher, un jour, une culture de paix. Une Conférence des ministres alliés de l'éducation (CAME) au sein de laquelle 18 gouver-nements furent représentés, s'employa ainsi, dès le 16 novembre 1942, à préparer les voies de ce qui allait devenir l'Unesco. La Conférence préparatoire à laquelle participèrent 44 gouvernements, se conclut, le 16 novembre 1945, par la signature de l'Acte constitutif.

Les 20 Etats fondateurs Ñ au nombre desquels les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne Ñ qui ratifièrent, dès 1946, l'Acte constitutif, furent rejoints, au gré de circonstances historiques majeures comme la guerre froide, le processus de décolonisation, la dissolution de l'URSS, par l'ensemble des pays qui forment la communauté internationale. Le Japon et la République fédérale d'Allemagne devinrent membres de l'Unesco en 1951, l'Espagne en 1953, l'URSS en 1954, la Chine en 1971. La nouvelle Afrique du Sud repris sa place en décembre 1994.


Ouverture de la première
Conférence Générale de l'Unesco,
Paris, du 20 novembre au 10 janvier 1946.

Forte aujourd'hui de 188 membres, l'Unesco n'a pas vécu coupée de l'agitation du monde même si sa mission était essentiellement d'ordre intellectuel. Elle en a subi, parfois durement, les contrecoups. Pour des raisons diverses, dix pays s'en sont ainsi retirés mais huit y sont retournés. Seuls, les Etats-Unis et Singapour demeurent, pour le moment, en dehors de l'Organisation.

La Grande-Bretagne est de retour au bercail : l'Union Jack a de nouveau été hissé, le 1er juillet 1997, place Fontenoy, après douze ans d'absence. A cette occasion, le ministre d'Etat britannique du développement international, Mme Clare Short, promit que son pays participerait au processus continu de changement engagé voici dix ans par le Directeur Général. Nous ne recherchons pas le changement pour le changement, ajouta-t-elle, mais un accroissement de l'efficacité et de l'impact de l'Unesco. Et M. Mayor de se réjouir de ce retour dans la mesure où le Royaume-Uni fut une des forces motrices de la création de notre Organisation, le lieu où son Acte constitutif fut adopté et où il est toujours déposé, la patrie de son premier Directeur Général, Julian Huxley, et de certains de ses plus remarquables fonctionnaires au fil des ans.

Ce n'est pas le moindre des membres de la communauté internationale - à savoir les Etats-Unis - dont l'Unesco attend avec impatience le retour. Dans son message rédigé à l'occasion du cinquantième anniversaire de l'Organisation, le chef de l'Exécutif américain l'a laissé entrevoir, assurant que ce retour reste une de (ses) priorités. Se félicitant que l'Organisation ait fait de grands pas pour répondre aux inquiétudes et aux problèmes qui avaient conduit (son) pays à s'en retirer en 1984, M. Bill Clinton a dit sa détermi-nation à trouver les ressources budgétaires nécessaires pour que ce vœu devienne réalité.

Dans son intervention à la tribune de l'Organisation lors du cinquantenaire de l'Organisation, le Président de la République Française, M. Jacques Chirac, s'était adressé aux grands absents qui ont tant à apporter à l'Unesco. Je voudrais ici les appeler à nous rejoindre, avait-il déclaré, leur dire combien leur participation nous est nécessaire, combien leur absence est aujourd'hui inexplicable.

Unesco : fiche d'identité

Trois instances composent l'Unesco :
La Conférence générale, qui réunit tous les Etats membres en général tous les deux ans, est l'organe souverain de l'Unesco. Selon la règle : un Etat une voix, elle arrête les programmes et le budget de l'Organisation.

Le Conseil exécutif, où sont représentés 58 Etats membres, se réunit en général deux fois par an. Il joue le rôle d'une sorte de conseil d'administration, veillant à la bonne exécution des décisions de la Conférence générale et préparant le travail de cette dernière.

Le Secrétariat, placé sous l'autorité du Directeur général, élu pour six ans par la Conférence générale, est chargé de traduire dans la réalité les engagements pris par les Etats membres.
Le poste de Directeur Général est actuellement occupé par Koïchiro Matsuura, élu en 1999 pour un mandat de six ans.

- 2 159 fonctionnaires, cadres et non cadres sont membres du Secrétariat ; 645 travaillent hors Siège dans 73 bureaux répartis sur les cinq continents.
- 189 Etats membres ont créé une Commission nationale qui réunit des représentants des communautés éducatives, scientifiques et culturelles nationales.
- L'Organisation a également établi un partenariat avec d'autres agences spécialisées des Nations Unies.
- 344 organisations non gouverne-mentales (ONG) entretiennent des relations officielles de coopération avec l'Unesco.
- 6 668 Ecoles associées forment des jeunes dans un esprit de tolérance et de compréhension internationale.
Près de 6 000 centres, associations et clubs Unesco relaient l'action de l'Organisation sur le terrain, avec le concours du public.
- 173 Etats membres ont établi une délégation permanente au Siège à Paris.

L'Unesco a engagé un processus de réforme et de rénovation afin de s'adapter aux réalités nouvelles d'un monde complexe en pleine mutation. Ce processus de réforme a débuté en 1988 et se poursuivra jusqu'à 2001.

Les principes de l'Unesco

Les principes qui ont inspiré la création de l'Unesco demeurent aussi importants de nos jours qu'ils l'étaient en 1946 :

  • Une population instruite et consciente de ses droits fondamentaux a d'autant plus de chances de profiter des avantages de la démocratie et du développement.

  • L'égalité dans la diffusion des bienfaits de la science et de la technologie aux peuples du monde améliore leur état de santé et leur bien-être.

  • Le sens de l'identité culturelle et l'ouverture aux autres cultures développent la compréhension mutuelle et la conscience d'une communauté de valeurs.

  • La libre circulation des écrits et des idées est la condition de l'épanouissement de la démocratie.

Le budget de l'Unesco

L'Organisation dispose de moyens financiers limités. Son budget ordinaire pour 1998-1999 s'élevait à 544,3 millions de dollars, en faible progression par rapport au précédent exercice biennal : 518,4 millions. C'est à peu de choses près le budget d'une grande université. Quant au budget ordinaire pour 2000-2001, il n'a pas été augmenté et reste à 544 millions de dollars composés par les contributions des Etats membres.

Le récent retour de la Grande-Bretagne ne change rien au fond de l'affaire. Les contraintes budgétaires que subit l'Unesco - et elle n'est pas la seule agence spécialisée du système onusien à affronter pareille situation - lui sont essentiellement imposées par les propres difficultés budgétaires des Etats membres, notamment les plus riches, de ce fait de moins en moins enclins à supporter une augmentation même nominale de leur contribution obligatoire.

L'Organisation s'efforce donc de compléter ces ressources financières par des apports extrabudgétaires, en clair des contributions volontaires qu'elle reçoit de gouvernements, d'organisations internationales, régionales ou nationales et de particuliers. Pour l'essentiel, ces fonds lui sont versés par ses principaux partenaires au sein du système onusien comme le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ou le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef), qu'elle associe de plus en plus étroitement à ses initiatives.

Mais, aujourd'hui, la première source de financement extrabudgétaire repose sur les fonds-en-dépôt ou les comptes spéciaux, destinés à des projets précis et mis à sa disposition par des pays donateurs au profit d'un pays tiers. Reste que, pour faire face à ses obligations, l'Unesco est contrainte de mobiliser aussi des fonds auprès du secteur privé, que ce soit, par exemple, auprès d'une chaîne de magasins français pour venir en aide aux enfants cambodgiens ou auprès d'une entreprise française de ventes par correspondance pour s'intéresser au sort des enfants en détresse.

Le montant approuvé des programmes opérationnels extra-budgétaires pour l'exercice 2000-2001 est de 250 millions de dollars, dont 62 millions de dollars proviennent du PNUD et d'autres agences des Nations Unies, 113 millions de dollars des fonds-en-dépôt (FIT). Les FIT sont des fonds destinés à des projets spécifiques mis à la disposition de l'Unesco par des pays donateurs au bénéfice d'un pays tiers.

Jusqu'en 1970 le Programme d'Assistance technique des Nations Unies (TA, EPTA), 1950-1970, et le Fonds spécial des Nations Unies (SF), 1960-1970, étaient les partenaires les plus importants de l'Unesco. Actuellement, les principaux contri-buteurs financiers sont :

- Fonds-en-dépot (FIT) PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement.
- FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population).
- Banque mondiale et banques régionales de développement Unicef (Fonds des Nations Unies pour l'enfance).
- PNUE (Programme des Nations Unies pour l'environnement).
- PAM (Programme alimentaire mondial).
- Etats membres ayant versés des contributions volontaires au bénéfice des programmes de l'Unesco.
- Experts associés.
- Fondations.

Secteurs du programme et des thèmes transversaux :
(le total des frais des programmes y compris les frais des services ordinaires et administratifs sont calculés en pourcentages du budget régulier pour 2000-2001).

- Education : 30,9%
- Sciences naturelles, sociales et humaines : 24,3%
- Culture : 12,1%
- Communication, Information et Informatique : 9,2%
- Projet transdisciplinaire : Vers une culture de la paix : 5,8%
- Activités transversales : 5,3%
- Programme de Participation : 6,2%
- Services d'information et de diffusion : 6,2%.

Malgré tout, une sévère politique d'austérité est à l'ordre du jour depuis plusieurs années. Elle a notamment été marquée par une diminution des effectifs - 17% au Siège et 10% hors Siège - qui, de janvier 1988 à janvier 1999, toutes catégories confondues, sont passés de 2 848 à 2 406 dont 1 313 femmes. Les dépenses de personnel représentent, aujourd'hui, à peine plus du tiers du budget total de l'Unesco.

Cette baisse des effectifs a été plus forte parmi les hommes que parmi les femmes : - 22% au lieu de - 9%. En harmonie avec les grandes orientations éthiques de l'Unesco et singulièrement avec le Plan d'action sur l'égalité des chances entre les femmes et les hommes, l'objectif visant à faire en sorte que, d'ici à la fin de 2001, la moitié des nouveaux membres du cadre organique engagés soient des femmes, est déjà presque atteint. En revanche, l'austérité budgétaire qui a sévi tout au long de la décennie, n'a pas autorisé l'indispensable rejeunissement du personnel, donnant ainsi de l'Unesco l'image d'une organisation vieillissante.

La surveillance et la réduction des coûts passe aussi par une lutte sans merci contre les gaspillages de toutes natures. C'est ainsi que la durée des sessions biennales de la Conférence générale qui variait entre 31 et 37 jours avant 1989, a été ramenée à 23 jours ouvrables en 1995. Quant au volume de la documentation produite par ces sessions, il est tombé de 47 400 à 21 000 pages.

Depuis l'exercice 1994-1995, l'évaluation des programmes qui consiste à juger de la valeur des résultats obtenus est devenue pratique courante, chaque secteur en cause devant consacrer 0,5% de ces coûts directs à cette expertise. Le but est de généraliser ces vérifications au Siège et hors Siège et de les affiner grâce à un nouveau système informatique de surveillance et d'information pour en arriver à créer, au sein de l'Organisation, une véritable culture de l'évaluation. C'est, pour l'Unesco, un impératif moral de s'assurer que chaque dollar de son budget est géré et dépensé de la manière la plus efficace.

Obligation de résultats

Ces contraintes budgétaires que l'on ne peut qualifier de passagères, ont conduit l'Unesco, depuis plusieurs années, à mieux définir ses tâches et à mieux organiser son travail. Ainsi, s'est imposée l'idée d'une concentration des programmes, sans que celle-ci soit nécessairement synonyme d'abandon de certaines activités. L'objectif clairement affiché est de faire moins pour faire mieux.

Au regard des moyens financiers dont elle dispose, l'Unesco ne peut s'offrir le luxe d'apparaître comme une Organisation touche-à-tout même si, de par la mission que lui a fixé son Acte constitutif, elle est appelée à défendre des valeurs universelles comme la paix, le développement et la démocratie, ce qui, a priori, pourrait justifier de sa part un interventionnisme tous azimuts. La rigueur des temps lui a donc commandé de mieux cibler ses actions prioritaires, en retenant notamment celles qui, au travers de divers relais locaux ou internationaux, sont assurées de lendemains prometteurs.

Si le deuxième Plan à moyen terme 1984-1989 avait retenu quatorze grands programmes et pas moins de cinquante-quatre sous-programmes, le troisième Plan 1990-1995 a singulièrement simplifié ce dispositif en le limitant à sept champs majeurs de programme et dix-sept sous-programmes. Quant aux grandes Stratégies en cours pour la période 1996-2001, elles ont été déclinées sous deux thèmes : le développement et l'édification de la paix.

Cet effort de concentration des activités s'est accompagné d'un égal effort pour s'adapter aux nouveaux rythmes de vie qui découlent de la chute du mur de Berlin. La fin de la guerre froide a aussi sonné le glas des institutions planifiées, au profit de structures plus souples et plus efficaces, préservant à tout moment une vision précise de leurs objectifs et de leur mission. Ce souci de flexibilité s'est traduit, en 1995, dans le document qui fixe les orientations de l'Unesco pour les six ans à venir, par l'abandon de la notion de Plan au profit de celle de Stratégie.

Cette souplesse dans la mise en œuvre de son programme a conduit l'Unesco à favoriser des synergies, à prendre ainsi des initiatives qui, dans tous les domaines de sa compétence, chevauchaient les différentes disciplines et les différents secteurs d'activité. Pour répondre aux besoins particuliers et urgents de certains groupes de pays mais dans le cadre de ses priorités globales, il lui est aussi arrivé de mettre sur pied des stratégies spécifiques. Ce fût notamment le cas, en 1994, avec la création, en son sein, d'une Unité de coopération avec les sept pays lusophones situés sur trois continents mais réunis par l'usage d'une même langue.

D'une manière générale, la Stratégie à moyen terme 1996-2001 a marqué un profond renouvellement du processus de programmation auquel sont associés non seulement le Secrétariat de l'Unesco mais encore l'ensemble de l'Organisation, et au delà les Etats membres. En outre, le concept même de programmation s'est étoffé puisque celle-ci ne se résume plus à dresser une simple liste d'activités à exécuter, encore faut-il que soient ciblés les résultats et précisés les moyens financiers et humains nécessaires pour les atteindre.

En cherchant à substituer peu à peu à une obligation de moyens, une obligation de résultats, l'Unesco cherche, au seuil d'un nouveau millénaire, à renforcer sa crédibilité. Attachée à la défense d'un idéal de paix qui a le temps pour allié, l'Organisation tente ainsi de désarmer les reproches de ceux qui pourraient éventuellement lui reprocher de ne brasser que du vent. On comprend dès lors que, pour minimiser ce risque, elle veuille désormais travailler davantage encore à l'écoute de tous ceux qu'elle a moralement en charge. Au plus près du terrain.

Nouveaux mécènes

Dans le cadre du processus de réforme qu'elle a engagé, l'Unesco a adopté une politique visant à augmenter sa capacité à obtenir des fonds du secteur privé. Des projets de plus en plus nombreux sont ainsi financés par des entreprises.

Ainsi Rhône-Poulenc finance dans de nombreux pays du monde, dont le Viet Nam, des projets relatifs à la défense du patrimoine culturel. En Mauritanie, la société participe, en compagnie de la Fnac, au sauvetage, à la restauration et à l'entretien de manuscrits du Coran, de traités de médecine, de philosophie ou d'astronomie datant du XIIè au XIXè siècle, retrouvés dans les cités autrefois prospères de Ouadane et de Chinguetti, Sorbonne du désert. Ces deux villes puissantes, au croisement de plusieurs routes caravanières, avaient un rayonnement économique et culturel intense. Les témoignages de cette grandeur passée, éparpillés dans les quelques maisons encore habitées de ces villes menacées par l'avancée du désert, ont une grande valeur historique et scientifique mais ils se dégradent dangereusement, conservés dans des malles ou des armoires, sans véritable soin ni protection contre les agressions extérieures et la rigueur du climat.

Repérer et cataloguer les manuscrits originaux, les restaurer et initier les villageois aux techniques de conservation, sensibiliser toute une population à la protection et à la mise en valeur de son patrimoine culturel, telle est la tâche qui incombe à ces nouveaux mécènes. Chinguetti et Ouadane, presque désertes aujourd'hui, pourraient retrouver une âme et de nouvelles activités grâce à la renaissance de ces manuscrits.

Au plus près du terrain

Pour une Organisation à vocation planétaire comme l'Unesco, la place Fontenoy, à Paris, est-elle le centre du monde, le siège d'où tout part et où tout aboutit ? C'est un schéma de fonctionnement bien différent qui a été choisi et se met en place depuis le début de la décennie. A l'époque planétaire où nous vivons, où les communications peuvent unir en temps réel et à faible coût les éléments d'une structure dispersée, il faut concevoir une décentralisation de l'Organisation qui la fasse fonctionner comme une famille de centres nerveux répartis sur toute la terre.

L'Unesco de demain devrait pouvoir se définir - référence à la phrase de Pascal -, comme une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part. L'Organisation a ainsi fait sienne, avant l'heure, la recommandation de la Commission mondiale de la culture et du développement qui, dans son rapport publié en juillet 1996, louait les vertus de méthodes et de procédures telles que la délégation de pouvoir et la décentralisation qui permettraient aux individus de faire entendre leur voix et d'influer sur les décisions.

Le premier coup de pioche du chantier de la décentralisation avait été donné, en février 1989, lorsqu'avait été créé le Bureau de coordination des unités hors Siège, chargé de soutenir ce processus. Puis, au début des années 90, le Directeur Général de l'Unesco avait souligné l'intérêt de développer des stratégies régionales pour encourager les Etats membres à participer plus étroitement aux activités de l'Organisation.

Les bureaux hors Siège forment, aujourd'hui, un réseau de compé-tences dense au service des pays de la région qu'ils couvrent, pour la définition des programmes et leur exécution. Leur nombre n'a donc cessé de croître en fonction des besoins, passant de 54 à la fin de 1995 à 72 à ce jour. A cet égard, une attention particulière a été portée à la création d'Unités dans des Etats récemment indépendants ou en situation de conflit ou de postconflit. C'est ainsi que, de 1987 à 1999, le nombre de ceux qui ont été installés en Afrique subsaharienne a augmenté de 9 à 24.

La stratégie en la matière a consisté, au cours de la dernière décennie, à renforcer la capacité d'intervention de ces bureaux en leur allouant des ressources suffisantes, à la fois matérielles avec le développement du système de communication électronique, et surtout humaines grâce notamment à la mise à disposition d'experts en plus grand nombre. La baisse générale des effectifs, entre 1988 et 1999, a été plus faible pour le personnel hors-Siège (-10%) que pour le personnel du Siège (-17%).

A ce jour, toutes catégories confondues, 27,9% des effectifs de l'Unesco travaillent hors maison mère. Ce pourcentage est loin d'être négligeable pour une Organisation dont le mandat, à la différence de celui d'autres agences spécialisées de l'ONU, ne concerne pas exclusivement des activités de coopération technique.

Le Directeur Général entend pousser encore plus avant cette politique de décentralisation qui n'est pas conçue comme un simple déplacement géographique d'activités ou un simple transfert hors Siège de matériel, de postes ou de ressources. Le budget pour 2000-2001 marque une étape décisive dans la stratégie de répartition des tâches entre le Siège et les régions, en procédant, le cas échéant, aux ajustements nécessaires en termes de personnel et de ressources.

Cela dit, les commissions nationales qui ont été mises en place dans la quasi-totalité des 188 Etats membres - à ce jour, on en compte 186 -, sont le seul mécanisme institutionnel dont dispose l'Unesco pour associer les Etats membres à ses activités. Prévues dans l'Acte constitutif pour jouer le rôle d'organe de liaison, elles sont composées de personnalités des milieux intellectuels et scientifiques.

La Stratégie à moyen terme 1996-2001 a pris en compte la nécessité d'optimiser les liens qui existent entre le Siège et ces institutions nationales, voire d'en imaginer de nouveaux, tant est capital le rôle de ces dernières pour mobiliser des partenaires sur le terrain. Cette Stratégie s'est, en outre, fixée pour objectif d'améliorer le fonctionnement de ces commissions par le biais d'une assistance technique et financière.

Cette implication étroite dans la préparation des programmes à travers le rôle qu'y jouent à la fois les bureaux hors Siège et les commissions nationales, a permis d'augmenter la part des activités décentralisées de l'Unesco, et surtout d'assurer une meilleure adéquation des programmes aux besoins des Etats membres. La décentralisation n'est pas une fin en soi, mais une stratégie susceptible d'assurer un impact tangible aux projets de l'Organisation, et de satisfaire ainsi son exigence d'efficacité.

C'est pour cette raison-là que l'Unesco n'a cessé, au cours de la dernière décennie, de développer, d'un bout à l'autre de la planète, des stratégies régionales et sous-régionales. Ainsi a-t-elle conçu et engagé des actions spécifiques en direction de l'Afrique, des Caraïbes, du Pacifique, de l'Océan Indien, de la Baltique, de l'Europe de l'Est, de la Méditerranée.

Extraits de : "L'Unesco au seuil du XXIè siècle 1988 - 1999".

Les élus du peuple au service de la paix

La création d'une Unité des relations avec les parlementaires au sein de l'Unesco en décembre 1994 témoigne de leur importance au sein de la stratégie de l'Organisation. Dans ses activités, l'Unité s'efforce de renforcer les liens avec les parlements nationaux, à travers les commissions nationales, mais aussi avec les parlements régionaux et les assemblées parlementaires internationales.

A la Conférence interparlementaire sur la science, la culture et l'éducation à l'aube du XXIè siècle organisée par l'Union interparlementaire (UIP), et l'Unesco à Paris du 3 au 6 juin 1998, des parlementaires venus du monde entier se sont engagés à nouer des liens plus étroits avec l'Unesco pour apporter à l'Organisation l'appui des parlements nationaux dans la promotion de ses politiques en matière d'éducation, de culture et de communication, et contribuer ainsi au développement humain.

Dans le document final, les 175 parlementaires de 71 pays ont tenu à insister sur les différents types d'éducation qui seront nécessaires à la société de demain : éducation à la paix, aux droits de l'homme et à la démocratie, à la tolérance et à la compréhension mutuelle entre les peuples, éducation pour valoriser le patrimoine et promouvoir la créativité, encourager le pluralisme culturel et dialogue des cultures, éducation pour maîtriser la révolution de l'information afin qu'elle contribue à un monde meilleur.

Éditions Unesco

Rapport mondial sur l'éducation 1998


Manque de ressources, manque de soutien, manque de formation, conditions matérielles souvent précaires, effectifs par classe trop élevés : cette nouvelle édition du Rapport mondial sur l'éducation, publiée par l'Unesco, se penche sur la situation de la profession enseignante dans le monde, qui représente 57 millions d'individus.

Rapport mondial sur l'information 1997/1998


Un tableau complet et approfondi des services d'information sur les cinq continents (archives, bibliothèques, réseaux, fournisseurs de bases de données), et une réflexion sur des enjeux tels que l'avenir du livre, les autoroutes de l'information, l'Internet et l'intelligence économique.

Rapport mondial sur la communication


Les médias face aux défis des nouvelles technologies. Un panorama mondial de l'impact de la révolution numérique et de la convergence des technologies sur le paysage culturel, économique, réglementaire et médiatique.

Rapport mondial sur la science 1998

L'organisation et la gestion de la science et de la technologie dans diverses régions du monde, et le rôle joué par la science dans la résolution de problèmes tels que les ressources alimentaires, les ressources en eau et les épidémies. (parution en mai 1998).

Rapport mondial sur la culture Première édition de ce rapport interculturel qui analyse les liens étroits entre culture, développement et identité, avec de nombreux indicateurs à l'appui. (parution en juillet 1998).

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