“Un monde vert et luxuriant plein de spectaculaires montagnes qui gonflent,
ondulent et déferlent sur l’Afrique Centrale…
un pays où les couleurs sont plus vives qu’ailleurs. C’est vrai.
Le Rwanda est splendide. Il faut y aller.”

James Bowyer, auteur de récits de voyages dans
Footprint magazine, Juin 2000.


 

 

A l’époque coloniale, la beauté émouvante de ses paysages montagneux ondoyants avait valu au Rwanda le surnom de “pays aux mille collines”.

Après l’indépendance, cette petite nation d’Afrique Centrale, connaît la célébrité quand elle devient la patrie d’adoption de Dian Fossey : le pays des Gorilles dans la brume, ces rarissimes gorilles de montagne dont le territoire se limite aux pentes volcaniques de la chaîne des Virunga.

Aujourd’hui, le Rwanda porte l’étiquette du pays du génocide — le lieu du massacre insensé qui a défrayé la chronique mondiale une bonne partie de l’année 1994.

Le génocide appartient au passé. Un passé récent, sans doute, mais la page est tournée. La paix a été restaurée en 1995 et les années suivantes ont vu le Rwanda s’épanouir dans un retour à la stabilité politique et une croissance économique régulière. Les mille collines sont toujours là, ainsi que les gorilles de montagne, ces doux géants vivant paisiblement dans la brume de leur foyer montagneux des Virunga.


Hôtel des mille collines.

Mais le Rwanda a tant d’autres coups de cœur à offrir que les gorilles. Prenons le parc national d’Akagera, une fascinante étendue de nature indomptée, où les éléphants ont encore préséance et où les hippopotames et les crocodiles se prélassent le long de lacs bordés d’arbres. Ou la forêt primaire de Nyungwe, la forêt montagnarde la plus large de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique Centrale, berceau de chimpanzés, de bandes de plus de 400 singes colobes et de centaines d’oiseaux rares. Sans oublier le lac Kivu, une étendue d’eau fraîche grande comme un océan, ourlée des montagnes saisissantes de la vallée du Rift ; les cônes volcaniques fascinants des Virunga ; les délices secrets de myriades de cascades en lisière de forêt…

Célèbre pour sa richesse en primates, le Rwanda est aussi l’un des pays les plus peuplés en oiseaux, au point que 670 sortes d’oiseaux sont recensées pour une région de la superficie du Pays de Galles ou de la Belgique. Les amateurs de botanique seront fascinés par les capiteuses fleurs sauvages des forêts et des montagnes, que couronnent plus de 100 sortes d’orchidées rien qu’au Nyungwe, ainsi que par la lobélie géante, véritable extraterrestre sortant droit d’un film de science-fiction.

Bref, le Rwanda est le paradis de l’amateur de nature. C’est aussi la plus aimable des nations : à l’accueil chaleureux se conjuguent une infrastructure confortable, de l’excellente nourriture et un riche héritage culturel.

Le Rwanda, nous le savons, est un pays avec un passé. Mais il importe surtout que ce soit un pays en renaissance, un pays confiant en son avenir — dans lequel il retrouvera assurément sa place légitime : l’une des meilleures destinations de l’écotourisme mondial.


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Géographie

Le Rwanda est une petite république d’Afrique équatoriale, sans accès à la mer. Elle s’étale en bordure orientale du Rift Albertine, un bras occidental de la Grande Faille et la démarcation entre les deux plus grands fleuves de l’Afrique : le Nil et le Congo. Les 26,338 km2 du pays sont pour la plupart couverts de montagnes altières, avec le Karisimbi (4,507 m) pour sommet de la chaîne volcanique des Virunga du nord-ouest. Le Rwanda, le pays le plus peuplé d’Afrique, est intensément cultivé, et même les collines les plus escarpées, hors des secteurs sauvegardés, sont découpées en terrasses de la base au sommet. La plus grande étendue d’eau est le lac Kivu dans le Rift Albertine. De nombreux autres lacs parsèment le pays, notamment Burera, Ruhondo, Muhazi et Mugasera, dont les formes capricieuses épousent les contours des hautes montagnes qui les enserrent.

Climat

Les tropiques et l’altitude élevée se conjuguent pour assurer à la plupart du Rwanda un climat tempéré toute l’année durant ; les températures s’aventurent rarement au-dessus des 30° Celsius le jour et en-dessous des 15° Celsius la nuit, avec pour exceptions les hauteurs froides de la chaîne des Virunga et la bande frontalière avec la Tanzanie, basse et torride, qui fait partie de la zone protégée du parc national d’Akagera. Dans l’ensemble du pays, les variations saisonnières de température sont minimes.

Pour un pays africain, le Rwanda a un climat humide, la plus grande partie du pays recevant des précipitations dépassant les 1 000 mm par an (et plus dans les montagnes boisées). La saison sèche, pendant laquelle il pleut rarement, va de juillet à septembre. La saison humide, pendant laquelle le pays reçoit habituellement environ 150-200 mm par mois, s’étend de février à mai.

Histoire

Jusque voilà 2000 ans environ, le Rwanda était une contrée de chasseurs-cueilleurs, peu à peu remplacés par des sociétés agricoles et pastorales venues d’autres parties du continent et convergeant vers l’Afrique Centrale. Le XVè siècle voit l’émergence d’un état centralisé avec la formation d’une monarchie féodale qui partage ses racines et ses coutumes avec les empires Buganda et Bunyoro de l’Ouganda voisin. En 1890, le Rwanda est colonisé par l’Allemagne, et de pair avec son voisin le Burundi, passe sous mandat belge à la défaite allemande qui clôt la Première Guerre Mondiale. Le Rwanda acquiert son indépendance en 1962, sous l’égide du Premier Ministre Grégoire Kayibanda. Dix ans plus tard, Kayibanda est évincé du pouvoir par le Général Juvénal Habyarimana, dont la mort en 1994 dans un accident d’avion mystérieux est vue par beaucoup comme le catalyseur d’un génocide déjà planifié, au cours duquel près d’un million de Rwandais ont péri et deux millions ont pris le chemin de l’exil. Bien que l’opinion internationale soit naturellement marquée par les événements liés au génocide, le Rwanda jouit en fait d’un haut niveau de stabilité politique depuis 1995. La plupart des exilés sont rentrés, certains des principaux instigateurs du génocide ont été jugés par le tribunal d’Arusha, et l’ensemble du pays connaît la paix.

Secteurs sauvegardés

Le Rwanda a trois principaux secteurs sauvegardés. Le Parc National des Volcans au nord-ouest protège la partie rwandaise des volcans Virunga, célèbres pour leur population de gorilles de montagne. Le parc national d’Akagera à l’est, où dominent la savane et les terres humides, protège les espèces du monde animal caractéristiques de ces habitats. Le parc national de Nyungwe est le secteur sauvegardé le plus vaste du pays, une bande de forêt tropicale humide de 970 km2, avec un des plus hauts niveaux de biodiversité en Afrique.

Kigali et Butare :
villes de commerce et de culture


Hôtel des mille collines.

“Comme à Rome, Naples ou Lisbonne, bâties elles aussi sur des collines, quiconque visite Kigali en voiture a parfois l’impression de chevaucher les montagnes russes de la fête foraine… Chaque circuit paraît établi dans le seul but de donner à voir un superbe panorama de la ville et des collines qui l’entourent.”
Jean-Claude Klotchkoff, auteur du guide de voyages Rwanda Today.


Kigali, capitale du Rwanda, est à la fois un centre d’affaires moderne et une cité-jardin luxuriante dont la grâce s’étale sur les pentes verdoyantes du cœur du Pays des mille collines. Accès principal du Rwanda, Kigali est desservie par un aéroport moderne et reliée à l’Ouganda et au Burundi voisins par des routes rapides. Elle se targue d’une gamme d’hôtels pour tous les goûts et budgets et de restaurants proposant les cuisines du monde entier.

Kigali, malgré ces concessions à la modernité, a gardé un aspect aimablement organique et un charme sans prétention. Le centre compact de la cité, autour d’un marché animé et haut en couleurs, est constellé d’étals avec un bel artisanat local, tandis que des avenues plantées d’arbres sillonnent les banlieues vallonnées et le pittoresque quartier musulman. Paisible et chaleureuse, Kigali jouit d’un climat de haute altitude qui se rit de sa situation et de son apparence tropicales, et sa position centrale la met à trois heures de n’importe quel site touristique rwandais.


Hôtel des mille collines.

La seconde ville du Rwanda, Butare, à 135 km au sud de la capitale, non loin du siège traditionnel de la monarchie féodale, est le cœur intellectuel et culturel de la nation et le foyer de nombreuses institutions académiques, dont la plus grande université du pays. L’avenue principale de cette petite ville compacte et calme, est bordée d’hôtels bon marché mais confortables et de restaurants aux terrasses aérées. Dans la banlieue de Butare, le Musée National du Rwanda héberge la plus belle collection ethnographe de l’Afrique de l’Est. Les captivantes expositions d’artefacts traditionnels, rehaussées de photographies monochromes du tournant du siècle, donnent un aperçu non seulement de la vie pré-coloniale du Rwanda, mais aussi de son développement subséquent en un état africain moderne. Excursion d’un jour à partir de Butare, le Palais Royal de Nyanza est un dôme énorme de construction traditionnelle, maintenu au prix de grands efforts en tant que musée.

Le parc national d’Akagera :
la magie du bush africain


“Akagera, avec son mélange complexe de terrains, de faune et de flore… est un endroit précieux, à conserver à tout prix pour les générations futures.”
Jean-Pierre Vande, dans la revue primée de protection de la nature Africa Environment & Wildlife.


Akagera fait battre le cœur de surprise après les collines cultivées et le climat venteux caractéristiques du reste du pays. A basse altitude en bordure de la frontière tanzanienne, cette réserve naturelle protège un paysage archétypal de savane africaine fait de buissons entremêlés d’acacia et de brachystegia, émaillé de prairies naturelles et d’une douzaine de lacs bordés de marais qui suivent les méandres de la rivière Akagera.

Le décor saisissant et varié d’Akagera se complète d’une gamme superbe de grands animaux sauvages. Des troupeaux d’éléphants et de buffles débouchent des forêts-galeries pour boire aux lacs, et le visiteur a parfois la chance de tomber sur un lion, un léopard ou une hyène tachetée. Les girafes et les zèbres sont chose commune dans la savane arborée et plus d’une douzaine de types d’antilopes habitent le parc, dont l’élégant impala au poitrail châtain, la minuscule ourébie, le furtif guib harnaché, la gauche damalisque et la plus grande antilope du monde, le majestueux éland du cap.

Camper sur les rives des lacs pittoresques d’Akagera est une introduction quasi mystique aux merveilles du bush africain. Des grappes de 50 hippopotames pataugent en grommelant toute la journée, tandis que d’énormes crocodiles géants se gorgent de soleil, mâchoires gigantesques redoutablement béantes. Comme par magie, l’air est fendu par l’inoubliable duetto suraigu d’une paire de pygargues vocifères, confirmant leur statut de roi et de reine incontestés des cours d’eau d’Afrique. Les lacs sont festonnés des plus grandes concentrations d’oiseaux aquatiques du continent — cigognes, aigrettes, ibis, pluviers, bécasseaux, martins-pêcheurs et hérons. Les marais connectés sont le repaire des spécialistes locaux du papyrus, comme le gonolek rouge, jaune et noir des papyrus, le fugace coucal à nuque bleue sans oublier le bec-en-sabot du Nil, peut-être le plus recherché des oiseaux africains.

Parc National des Volcans :
Gorilles dans la brume


“Au cœur de l’Afrique Centrale, à plus de 15.000 pieds, si haut que la sueur le cède au frisson, s’élèvent d’antiques volcans couverts de riche et verdoyante forêt tropicale — les Virunga.”
Dr. Dian Fossey décrivant la splendide chaîne de montagnes dans lesquelles elle a passé les vingt dernières années de sa vie à étudier les gorilles de montagne, menacés d’extinction.


En sécurité dans le Parc des Volcans, les pentes richement boisées des Virunga forment un spectaculaire décor naturel pour ce qui est l’expérience la plus poignante et la plus mémorable que l’on puisse avoir au fin fond de l’Afrique : l’observation des gorilles. L’ascension grisante vers l’habitat du gorille, la forêt ombrophile de bambou, offre des vues fantastiques en tous sens, avant que le trekker soit plongé dans l’intimité mystérieuse de la forêt tropicale, vibrante des cris des oiseaux multicolores et du caquetage du précieux singe doré.

Rien ne prépare le promeneur à l’impact de la rencontre avec un gorille adulte à dos argenté : d’un volume jusqu’à trois fois celui de l’homme, il est pourtant remarquablement pacifique et tolérant envers les visiteurs humains. Aucun mot ne peut décrire le sentiment de reconnaissance qu’éprouve l’individu plongeant son regard dans le brun limpide des yeux de ces doux géants, qui partagent 97% de leurs gènes avec les humains.

La survie des gorilles de montagne est en bonne part le fait de Dian Fossey, qui est enterrée dans son centre de recherche des Virunga auprès des animaux auxquels elle a consacré sa vie. Le nom de Fossey est connu de tous à la suite du film biographique Gorillas in the Mist (Gorilles dans la brume) dont l’action et le tournage ont eu lieu au Parc National des Volcans. Les commentaires élogieux des médias et du public ont attiré l’attention internationale sur le sort du gorille de montagne. A peine 300 de ces doux géants survivent dans la nature, la moitié au Rwanda, où quatre groupes accoutumés aux touristes — de 7 à 33 individus — peuvent être visités par jusqu’à 32 touristes par jour.

La base principale d’observation de gorilles, Ruhengeri, est une bourgade au marché débordant d’activité à 15 km de la base des Virunga. Se prévalant d’une merveilleuse situation sub-montagnarde et d’une gamme d’hôtels bon marché ou abordables, Ruhengeri est un endroit agréable où passer la nuit avant de rejoindre le poste d’observation des gorilles et la base par excellence pour visiter les lacs splendides mais peu connus de Burera et de Ruhondo. Alternativement, les visiteurs qui désirent un niveau de confort plus élevé peuvent s’établir à Gisenyi ou à Kigali, et — en se levant tôt — partir pour Ruhengeri pour une excursion d’une journée.

Le Parc national de Nyungwe :
Paradis des oiseaux et des primates


“Les montagnes sont les îles Galapagos de l’Afrique — des îles enchâssées de singes dorés, de gorilles et de souimangas chatoyants, de lobélies géantes, de fleurs éternelles, de touracos Ruwenzori, et de toutes les questions qu’ils posent. Elles méritent plus de reconnaissance, de protection et d’étude que ce qu’elles ont reçu jusqu’ici.”
Jonathan Kingdon, biologiste célèbre, dans son livre primé Island Africa.


Le parc national de Nyungwe, qui s’étend sur près de 1 000 km2 de collines majestueuses au sud-est du Rwanda, est “l’île” la plus large de forêt montagnarde existante en Afrique Centrale ou de l’Est : le siège riche et ancien d’une biodiversité incomparable et de merveilles de la nature. Traversé par une voie carrossable entre Butare et le lac Kivu, Nyungwe et son éventail d’habitants de la forêt sont facilement accessibles au visiteur, même fortuit.

Que l’on approche Nyungwe par la route principale, et on sera d’abord frappé par l’opulence formidable de la forêt, une étendue luxuriante et verdoyante au travers des collines monumentales qui ondoient comme des vagues vertes vers l’horizon lointain. Paradoxalement, en suivant les sentiers de randonnée dans Nyungwe, c’est l’intimité de la forêt tropicale qui impressionne surtout : la voûte close au-dessus de la tête, les arbres imposants et les fougères délicates qui tapissent les gorges escarpées, les appels et les bruissements mystérieux des oiseaux et des singes cachés au plus profond du feuillage…

Nyungwe, qui a récemment reçu le statut de parc national, est célébré à juste titre pour sa riche variété de flore et de faune. Plus de 200 différentes sortes d’arbres ont été recensées dans la forêt, ainsi que des centaines de plantes à fleurs, dont les bégonias sauvages, plus de 100 sortes d’orchidées et les sensationnelles lobélies géantes. Des grands mammifères, les primates sont les plus visibles, avec 13 espèces recensées, représentant 25% de la liste des primates africains. Parmi les plus intéressants, les colobes d’Angola — des singes arboricoles, délicieusement acrobatiques, qui se déplacent en bandes de plusieurs centaines — et environ 500 chimpanzés, souvent aperçus des chemins forestiers pendant la saison des pluies. Les autres primates à même d’être vus au cours d’une visite sont le singe l’Hoest, le singe argenté, le vervet, le babouin de l’olivier, le mangabey à joues grises, et le singe à queue rouge.

Foyer de plus de 275 espèces d’oiseaux, Nyungwe est le site aviaire le plus important du Rwanda. L’intérêt exceptionnel pour l’ornithologue réside dans les 24 endémiques du Rift Albertine —des oiseaux dont le territoire est limité à une poignée de forêts montagnarde entre le sud de l’Ouganda et le nord du Burundi— une liste qui inclut le spectaculaire touraco Ruwenzori, la furtive alèthe à la gorge rouge, et quelques chatoyants souimangas. Tout aussi remarquable, les calaos géants, qui s’écrasent en cacardant sans arrêt à travers la voûte de la forêt et le grand touraco bleu — un oiseau stupéfiant, bleu rouge et vert, que l’on voit souvent en vol plané d’un arbre à l’autre.

Loin d’être la jungle tropicale chaude et humide à laquelle on s’attendrait, Nyungwe, avec son altitude entre 1 600 m et 2 950 m, jouit d’un climat agréablement frais. Un large réseau de sentiers forestiers bien maintenus conduit à diverses cascades et panoramas. On trouve une halte de repos rustique confortable et un terrain de camping bien situé sur la route principale, et la réserve peut être visitée en une excursion d’une journée à partir des hôtels plus sélect des villes de Butare et de Cyangugu. Nyungwe mérite cependant plus de temps : qui veut observer les chimpanzés et plusieurs variétés de petits primates fait bien d’y consacrer deux jours — quant aux passionnés d’oiseaux, il se pourrait qu’ils ne veuillent plus jamais quitter la forêt magique !

Les lacs

“Charmantes villas le long de la rive boisée… belle plage de sable blanc… le lac a la pureté du cristal. Cet endroit mérite qu’on prolonge son séjour.”
Daniel Stiles, à propos de Gisenyi sur le lac Kivu dans le magazine Swara.


Le lac Kivu est d’une beauté à couper le souffle : une vaste mer intérieure entourée des collines vertes en terrasses, si caractéristiques du Rwanda rural. Ses rives abritent trois stations balnéaires, Gisenyi, Kibuye et Cyangugu, reliées par une route en montagnes russes qui cascade à travers des champs fertiles de plantain et des vestiges de forêt tropicale brumeuse pour offrir des vues panoramiques du lac miroitant.

Gisenyi, à courte distance de Ruhengeri et du Parc des Volcans, se niche sur une plage de sable bordée de palmiers onduleux et d’hôtels de l’époque coloniale, qui respirent une atmosphère de langueur tropicale. A Kibuye, les activités touristiques se concentrent autour d’une pension moderne, les pieds dans l’eau, qui donne sur des collines couvertes de pins qu’on croirait transplantés des Alpes. Encore autre, voilà Cyangugu, proche de la forêt de Nyungwe, dont l’infrastructure touristique plus modeste est compensée par le décor le plus spectaculaire des trois.

Le lac Kivu est le plus grand des nombreux lacs qui remplissent les vallées du Rwanda. Les lacs de Burera et de Ruhondo, proches du centre d’observation de gorilles de Ruhengeri, sont des gemmes souvent négligées : des eaux d’un bleu profond entourées de collines escarpées et de cascades, avec les silhouettes des volcans Virunga pour toile de fond spectaculaire, notamment de la confortable pension le Foyer de Charité sur le lac Ruhondo. Plus au sud, le lac Muhazi offre une agréable excursion d’un jour à partir de Kigali, avec possibilités de camper.

Gisenyi et Kibuye sont des lieux où prendre ses aises et pratiquer les sports nautiques. Hors villégiatures, le circuit des lacs offre cependant aussi des aperçus plaisants d’une Afrique plus ancienne, car les pirogues des pêcheurs ont un dessin inchangé depuis des sicècles, les dames aux vêtements bariolés fument la pipe traditionnelle en bois, et les troubadours grattent doucement les cordes des iningire (guitares traditionnelles). Et l’avifaune des lacs est fantastique : des flottilles de pélican, des grues à la couronne princière, des martins-pêcheurs aux allures de bijoux en malachite, et bien d’autres encore.

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