Ecole de journalisme et de communication
de l’Université Nationale du Rwanda


 

 

En quelques années d’existence, l’Ecole de Journalisme et de Communication de l’UNR a su faire la preuve de son dynamisme. Si elle exige beaucoup de ses étudiants et convainc de nombreux partenaires, c’est que ses enjeux sont essentiels. Son objectif ? Former des journalistes et des communicateurs compétents et conscients de leurs responsabilités. Une professionnalisation indispensable au bon fonctionnement et au développement de la société rwandaise.

Le nez sur l’écran de leur ordinateur, les étudiants de deuxième année découvrent les astuces de la recherche sur internet. Dans le studio radio tout proche, les murs insonorisés gardent encore l’écho d’un flash d’information. Et juste à côté, dans le studio de télévision transformé en salle de classe, les étudiants de première année planchent sur les techniques d’interview… A l’Ecole de Journalisme et de Communication (EJC) de l’Université Nationale du Rwanda, l’emploi du temps ne laisse pas une minute de répit.

On n’entre pas par hasard à l’EJC : sélectionnés sur leur motivation et leur maîtrise des langues (français, anglais, kinyarwanda), les étudiants savent que, pendant quatre ans, ils devront travailler intensivement. Un bon niveau de langues au secondaire n’est pas une garantie suffisante : sauront-ils manier toutes les nuances du français, toutes les subtilités de l’anglais, toutes les richesses du kinyarwanda, pour faire passer un message exact et précis ? “Lisez ! Lisez tout le temps !”, ne cessent de leur répéter leurs professeurs…



Régie Radio.

Un programme très dense

La langue, c’est l’outil de travail du journaliste ou du communicateur. Mais cette compétence, si elle est indispensable, est loin d’être suffisante. Aussi les étudiants devront-ils également se plonger dans les cours généraux : économie, politique, sociologie, philosophie… Sans une culture de base solide, ils ne seront pas capables de s’adapter aux multiples environnements où ils seront appelés à travailler. La communication, avec ses processus et ses enjeux, accapare bien sûr une grande partie des cours théoriques, avec une préoccupation particulière sur le rôle qu’elle peut jouer dans le développement du pays. La pratique,enfin, reste omniprésente : tout savant qu’il soit, un communicateur est pieds et poings liés s’il bafouille devant un micro, si une caméra l’intimide, ou si les nouvelles technologies de l’information ressemblent pour lui à du chinois. Et cette priorité déborde des cours : tous les volontaires, et ils sont nombreux, participent à la rédaction et à la conception du journal de l’école, The New Butarean, distribué deux fois par mois gratuitement sur le campus.

Un enjeu pour le pays

Pour entrer en troisième année, les étudiants devront choisir entre journalisme et communication. Mais dans les deux filières, l’objectif est également ambitieux. Il s’agit de former des professionnels compétents techniquement, mais aussi pleinement conscients des responsabilités qui leur incombent. Sans journalistes et médias fiables et honnêtes, les citoyens désinformés ne peuvent participer activement au fonctionnement de leur société. Sans communicateurs professionnels, les messages des spécialistes (médecins, agronomes, etc.) restent souvent incompris, donc inefficaces. En termes de développement, l’enjeu est considérable.

Forts de leur projet professionnel, les étudiants de l’EJC sont également soutenus par le dynamisme de l’école. Celle-ci est pourtant encore très jeune. Avant 1996, il n’existait au Rwanda aucune filière de formation à la communication. Une première expérience, l’Ecole des Sciences et Techniques de l’Information, a permis de former plus de cent étudiants entre 1996 et 2000. Mais la nécessité d’approcher au plus près les besoins du pays a conduit à la révision des programmes : désormais, ils accordent plus de place aux pratiques professionnelles recentrent les cours de communication sur les besoins liés au développement du pays. Cette nouvelle école, baptisée Ecole de Journalisme et de Communication, a été lancée en octobre 2000.



Distribution.




Montage Radio.

Aujourd’hui, l’EJC compte 27 étudiants en deuxième année et 22 en première année. Et surtout, elle fait de sa jeunesse une force, en affichant un dynamisme audacieux. En moins de deux ans, elle a su créer un centre de documentation spécialisé qui compte à ce jour plus de trois cents ouvrages, et plusieurs abonnements à des périodiques internationaux ; elle s’est dotée d’un laboratoire informatique où les étudiants peuvent se connecter librement à internet ; elle a renforcé son équipe enseignante, qui compte aujourd’hui sept permanents ; elle ne se limite pas à la formation initiale mais pense aussi à la formation continue, et travaille pour cela avec la Maison de la Presse de Kigali et l’Association Rwandaise des Journalistes ; enfin, elle a multiplié les contacts pour établir des parenariats internationaux très encourageants.

Une ouverture sur le monde

Parmi ces contacts, certains ont déjà abouti : un cycle de formation continue, ouvert aux journalistes en activité, a été organisé avec l’UNESCO ; des échanges réguliers permettent de tisser des liens avec des universités et écoles voisines, au Burundi ou en Ouganda ; l’ambassade des Pays-Bas a financé le laboratoire informatique ; la Communauté française de Belgique et l’ambassade des Etats-Unis ont largement enrichi le centre de documentation ; la coopération française, de son côté, a financé deux sessions de formation et soutient également le partenariat, en cours d’élaboration, avec l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille ; enfin, le Mississipi Consortium for International Development, après avoir animé deux cours à l’EJC, poursuivra son action en terme de formation et d’équipement.



Lecture.

Si l’EJC sait convaincre les bailleurs de fonds, c’est parce qu’elle a su définir et défendre très clairement les enjeux de la formation qu’elle dispense. Pourtant, deux années d’existence sont loin d’assurer sa pérennité. Pour stabiliser ses fondations riches de promesses, il faudra encore beaucoup de travail. Il faudra aussi laisser passer un peu de temps. Ce n’est que lorsque ses diplômés, ayant acquis quelques années d’expérience professionnelle après leur sortie de l’université, commenceront à jouer pleinement leur rôle dans l’univers de la communication au Rwanda, que l’EJC pourra commencer à être fière de son parcours. Pas avant huit ou dix ans !
Contact :
Ecole de Journalisme et de Communication, Université Nationale du Rwanda,
BP 117, Butare. Tél. 530 330. - E-mail : ejc@nur.ac.rw.
Vous pouvez également retrouver l’EJC sur le site de l’UNR : www.nur.ac.rw.
Le journal des étudiants, The New Butarean, peut y être consulté sous format pdf.