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Du 5 au 8 septembre 2001 sest
tenu à Genève la 46ème session de la Conférence
Internationale de lEducation. Elle réunissait plus de 600
participants, dont 80 ministres et 10 vice-ministres de léducation
provenant de 127 pays, des représentants de 9 organisations intergouvernementales,
de 13 organisations non-gouvernementales et 3 fondations. Lobjectif
de la Conférence était dintensifier le dialogue au
niveau des politiques de léducation sur les problèmes
et les perspectives de solution en vue daméliorer la qualité
de léducation pour apprendre à vivre ensemble.
La délégation rwandaise comprenait :
Son Excellence Dr. Ntawukuliryayo Jean Damascène, Secrétaire
dEtat chargé de lenseignement supérieur,
Monsieur Ntagaramba Funga Johnson, Chef de Division des programmes
de lenseignement secondaire,
Monsieur Murekumbanze Gratien, chargé de lEducation
au sein de la Commission Nationale Rwandaise pour lUnesco.
Historique
de la Conférence Internationale
de lEducation
La Conférence Internationale de lEducation (CIE) a une longue
histoire. Elle trouve son origine dans un mouvement didées
qui sest développé en Amérique et en Europe
fin 19ème début 20ème siècle. Ce mouvement
visait à développer une éducation nouvelle, prenant
pour centre non lécole mais lenfant et privilégiant
les méthodes actives dans lenseignement. Il aspirait à
contribuer à la paix par léducation et déboucha
sur un début de coopération entre éducateurs.
Cest dans ce contexte quen 1925 un Bureau International dEducation
(BIE) est créé à Genève. Il a pour mission
dêtre un centre dinformation et de renseignements pour
tout ce qui touche à léducation. Quatre ans plus tard
le Bureau International dEducation devient une organisation intergouvernementale.
A partir de 1934, le BIE organise annuellement une Conférence Internationale
de linstruction publique. Chaque session est consacrée à
des débats sur trois thèmes qui donnent lieu à la
formulation des recommandations. Après la naissance de lUnesco
des accords établissent des relations entre les deux institutions.
LUnesco apporte une contribution financière au BIE et la
Conférence Internationale sur linstruction est convoquée
conjointement par lUnesco et le BIE. En novembre 1968, le BIE devient
une partie intégrante de lUnesco en tant que Centre international
déducation comparée jouissant dune large autonomie
intellectuelle et fonctionnelle, ayant quatre fonctions statutaires :
organisation de la Conférence Internationale dEducation,

intensifier les échanges
et le dialogue sur les questions concernant
la qualité de léducation,
et plus particulièrement
les aspects qui peuvent contribuer
à trouver de meilleures solutions
pour apprendre à vivre ensemble
dans un sens large
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études déducation comparée,
documentation et information,
bibliothèque et exposition permanente sur léducation.
Depuis 1971, les sessions de la CIE deviennent biennales. Les thèmes
abordés sont de plus en plus consacrés au rôle de
léducation face aux grands problèmes mondiaux et aux
problèmes de société qui constituent les champs majeurs
de laction de lUnesco : la tolérance, la culture, la
lutte contre lanalphabétisme, lemploi, les défis
scientifiques et technologiques
Les objectifs
de la 46ème CIE
Le thème général de la 46ème CIE était
: Léducation pour tous pour apprendre à vivre
ensemble : contenus et stratégies dapprentissage problèmes
et solutions. Ce thème sinscrit dans le prolongement
du mouvement déducation pour tous, qui a reçu un nouvel
élan grâce à toute une série dinitiatives
qui ont marqué la décennie écoulée.
En effet, la Conférence de Jomtien (Thaïlande) avait fixé
à lan 2000 la réalisation de lobjectif déducation
pour tous. Au milieu de la décennie, la Commission Internationale
sur lEducation pour le XXIème siècle exprima les besoins
en éducation sous la forme de quatre concepts clés : apprendre
à connaître, apprendre à faire, apprendre à
être, apprendre à vivre ensemble, en faisant du 4ème
concept le fondement de léducation à venir. Enfin
en avril 2000, le Forum mondial sur léducation, réuni
à Dakar, a fait le point des dix années defforts.
Il a constaté que des progrès importants ont été
accomplis dans beaucoup de pays en matière daccès.
Cependant, la qualité de lapprentissage et lacquisition
de valeurs et de compétences sont loin de répondre aux aspirations
des individus et des sociétés.
Cest dans ce contexte que le BIE a décidé dintensifier
les échanges et le dialogue sur les questions concernant la qualité
de léducation, et plus particulièrement les aspects
qui peuvent contribuer à trouver de meilleures solutions pour apprendre
à vivre ensemble dans un sens large.
Déroulement
des travaux
Les travaux de la Conférence furent organisés autour de
deux unités de discussion et de deux grands débats. Le premier
débat était consacré au thème de la contribution
à la paix et au développement humain à lère
de la mondialisation par léducation, la science, la culture
et la communication. Il avait pour titre Un monde, un avenir : léducation
et le défi de la mondialisation. Lautre débat
était dédié au thème : Une éducation
de qualité pour tous pour vivre ensemble au XXIème siècle
: intensifier le dialogue politique international sur les structures,
les contenus, les méthodes et les moyens denseignement, mobiliser
les acteurs et les partenariats.
Six ateliers étaient organisés dans le cadre des deux unités
de discussion et traitaient des thèmes suivants :
Atelier 1 : léducation à la citoyenneté
: les apprentissages scolaires et sociaux.
Atelier 2 : Exclusion sociale et violences : léducation
pour la cohésion sociale.
Atelier 3 : Valeurs communes, diversité culturelle
et éducation : apprendre quoi et comment ?
Atelier 4 : Stratégies denseignement et dapprentissage
des langues pour la compréhension et la communication.
Atelier 5 : Progrès scientifique et enseignement
des sciences : connaissances de base, interdisciplinarité et problèmes
éthiques.
Atelier 6 : Réduire lécart entre riches
et pauvres en information : nouvelles technologies et avenir de lécole.
Chaque grand débat et chaque atelier était organisé
sous forme de panel-discussion. Quatre à six participants, représentant
divers acteurs de léducation et les diverses régions
du monde, étaient invités à alimenter la 1ère
partie du débat, qui était ensuite ouvert aux ministres,
chefs de délégation et autres délégués.
Le débat était animé par un modérateur expérimenté.
Les participants avaient été invités à lavance
à choisir les thèmes qui les intéressaient particulièrement
et à préparer des inverventions courtes en relation directe
avec les thématiques abordées, de manière à
pouvoir réagir aux interventions de leurs collègues.
Résultats de la 46ème CIE
A lissue de quatre jours de travaux, la Conférence a adopté,
dans laprès-midi du 8 septembre, les conclusions et propositions
dactions dont nous donnons ci-dessous les grandes lignes.
Pour toutes les délégations présentes, apprendre
à vivre ensemble simpose comme une nécessité
dans toutes les régions du globe. Cependant dans ce monde livré
aux inégalités intolérables entre et au sein des
pays, léducation formelle et non formelle ne suffit pas à
elle seule pour engager et promouvoir des processus de construction de
la paix, de la démocratie et des droits de lhomme. Il faut
parallèlement mettre en place des stratégies pour léradication
de la pauvreté et pour la participation à la vie politique,
sociale et culturelle. Cest pourquoi la réalisation de lobjectif
de léducation pour tous va au-delà de leffort
de scolarisation universelle. Dans le contexte de chaque pays, elle doit
être soutenue par des politiques visant la recherche de la cohésion
sociale, la lutte contre les inégalités, le respect de la
diversité culturelle et laccès à la société
du savoir.
Propositions daction
Pour faire face aux différents défis relevés, la
46ème CIE propose de promouvoir ou dentreprendre les processus
de réforme dans les domaines suivants :
Au niveau des contenus :
- Adapter les curricula et mettre à jour les contenus, de manière
à tenir compte :
des changements économiques et sociaux engendrés,
en particulier, par la mondialisation, les migrations et la diversité
culturelle ;
de la dimension éthique des évolutions scientifiques
et technologiques ;
de limportance croissante de la communication, de lexpression,
de la capacité découte et de dialogue, tout dabord
dans la langue maternelle, puis dans la langue officielle du pays ainsi
que dans une ou plusieurs langues étrangères ;
de lapport positif que peut apporter lintégration
des technologies dans les processus dapprentissage.
- Développer non seulement des approches disciplinaires mais
aussi interdisciplinaires et des compétences.
- Encourager et accompagner les innovations.
- Chercher, dans le développement des curricula, à assurer
la pertinence à la fois sur les plans local, national et international.
Au niveau des méthodes :
- Privilégier les méthodes actives dapprentissage
et le travail en équipe.
- Favoriser un développement complet et équilibré
de la personnalitépréparant lindividu à la
pratique dune citoyenneté active et ouverte au monde.
Au niveau des enseignants :
- Faciliter une réelle participation des enseignants à la
prise de décision au sein de létablissement, à
travers la formation et dautres moyens.
- Améliorer la formation des enseignants afin quils puissent
développer chez les élèves des comportements orientés
vers des valeurs de solidarité et de tolérance, de manière
à prévenir et à résoudre pacifiquement les
conflits ainsi quà respecter la diversité culturelle.
- Faire évoluer la relation entre lenseignant et lélève,
compte tenu de lévolution de la société.
- Améliorer lutilisation des technologies de linformation
et de la communication dans la formation des enseignants et dans la pratique
de la classe.
Au niveau de la vie quotidienne dans les établissements
scolaires :
- Créer à lécole un climat de tolérance
et de respect favorisant le développement dune culture démocratique.
- Offrir un mode de fonctionnement de lécole qui stimule
la participation des élèves à la prise de décision.
- Proposer une définition partagée des projets et des activités
dapprentissage.
Au niveau de la recherche en éducation :
- Développer des recherches qui clarifient le concept dapprendre
à vivre ensemble et ses répercussions sur les politiques
et les pratiques éducatives.
- Promouvoir les recherches sur lévolution des contenus et
les méthodologies relatives à apprendre à vivre
ensemble.
- Stimuler la réalisation détudes comparatives à
mettre en uvre dans un cadre sous-régional, régional
et transrégional.
Enfin la Conférence souligne lurgence et limportance
de développer et de renforcer les partenariats entre tous les acteurs
concernés : enseignants, collectivités publiques, familles,
secteur de léconomie, médias, ONG, autorités
intellectuelles et spirituelles.
Contribution de la délégation rwandaise
aux travaux de la 46ème CIE
Le Bureau International dEducation avait souhaité quun
plus grand nombre possible dacteurs de léducation sassocient
aux travaux de préparation intellectuelle de la CIE. Ils pouvaient
le faire par exemple en exprimant leurs préoccupations prioritaires,
en présentant des exemples de bonnes pratiques, dexpériences
positives ou négatives, de prises de position, etc.
Cest dans ce contexte que le Rwanda fit parvenir au BIE, au mois
davril 2001, un rapport national établissant un diagnostic
complet du secteur de léducation nationale. Répondant
toujours aux vux des organisateurs, le chef de la délégation
rwandaise, Dr. Jean Damascène Ntawukuliryayo, envoya en juillet
suivant un mémorandum relatant les préoccupations majeures
du Rwanda dans le domaine de lélaboration des curricula.
Il souligna les innovations essentielles introduites dans les nouveaux
programmes, à savoir :
lintroduction et/ou le renforcement de langlais et
du français au niveau primaire ;
lintégration, dans les différents programmes,
des notions relatives à léducation à la paix,
aux droits de lhomme, à la tolérance, à la
résolution pacifique des conflits et à la démocratie
;
lintroduction de branches intégrant lapproche
interdisciplinaire, aussi bien dans lenseignement primaire que dans
lenseignement secondaire.
Il expliqua que les grands problèmes rencontrés au cours
de ces innovations sont liés à linsuffisance denseignants
et de personnels qualifiés et au manque de ressources matérielles
et financières.
Au cours des débats, le chef de la délégation rwandaise
a précisément souligné quun enseignement de
qualité suppose une importante mobilisation de moyens et un renforcement
des partenariats. Pourtant ces derniers temps on constate plutôt
une forte limitation des moyens de la part des donateurs, ce qui va à
lencontre de la convivialité recherchée.
Cest pourquoi il a proposé que lUnesco organise une
conférence internationale consacrée exclusivementà
la mobilisation des ressources en faveur de léducation pour
tous.
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