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La
bioéthique
constitue
aujourdhui
un enjeu essentiel
pour la protection
des droits de lhomme
et des libertés fondamentales
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A lissue de la Table ronde sur La bioéthique
: un enjeu international qui nous a réunis les 22 et
23 octobre 2001, à loccasion de la 31è session de
la Conférence Générale de lUnesco, nous, ministres
de la science, participants ou représentés, avons dégagé,
sur la base de nos échanges, les positions communes suivantes :
1. La bioéthique constitue aujourdhui un enjeu essentiel
pour la protection des droits de lhomme et des libertés fondamentales.
Elle occupe une place prépondérante dans les choix de société
quil convient deffectuer afin de réunir les progrès
scientifiques et linaliénable primauté du respect
de la dignité, de lintégrité et de la liberté
de la personne humaine. Néanmoins, cette préoccupation doit
tenir compte de limpératif de la liberté de la recherche.
2. La réflexion éthique fait partie intégrante du
développement scientifique et technologique. Cette réflexion
doit sengager à prévoir les problèmes et relever
les défis posés par les progrès scientifiques et
techniques, plutôt que dessayer dy répondre après
coup.
3. Laccélération des découvertes scientifiques
et des innovations technologiques exige une action prompte et précise
avec la participation de tous les acteurs concernés (milieux scientifiques,
gouvernements des Etats membres, institutions éducatives, académies
des sciences nationales et internationales, secteurs public et privé,
société civile, médias, etc.). A cet égard,
les comités nationaux déthique et les instances assimilées
de nature consultative et à caractère indépendant,
pluridisciplinaire et pluraliste ont le devoir de porter à
lattention des décideurs les questions sans cesse nouvelles
posées par les avancées de la science ainsi que les implications
des différentes décisions éventuelles.
4. Les gouvernements des Etats membres et le législateur, à
qui revient le pouvoir de décision, ont des responsabilités
éminentes en la matière. Dans ce processus, ils doivent
veiller à une participation éclairée des citoyens,
notamment grâce à un débat public et pluraliste, en
tenant compte des courants de pensée, des systèmes de valeurs,
des contextes historiques et culturels, et des convictions philosophiques
et religieuses qui sont constitutifs des différentes sociétés.
Il est clair que la bioéthique ne peut se fonder que sur la pratique
démocratique et la participation active de tous les citoyens.
5. La bioéthique franchit aujourdhui toutes les frontières,
tant les interrogations quelle traduit ont une dimension nécessairement
internationale. Fondés sur le socle de la Déclaration
universelle des droits de lhomme (1948) et dinstruments
internationaux, tels que la Déclaration universelle sur le génome
humain et les droits de lhomme, adoptée à lunanimité
et par acclamation par la Conférence Générale de
lUnesco en 1997 et que lAssemblée générale
des Nations Unies a fait sienne en 1998, les principes essentiels de la
bioéthique de dignité humaine, de liberté,
de justice, déquité et de solidarité
désormais universellement reconnus, peuvent inspirer les Etats
dans lélaboration de législations et/ou de réglementations.
6. Les relations entre la science et lavenir de lhumanité
sont intimement liées et cest delles que dépendront
dans une large mesure les équilibres mondiaux. Le droit international
et sa mise en uvre effective doivent jouer un rôle croissant
dans ces domaines. Les Etats doivent renforcer la concertation internationale
sur les implications éthiques et juridiques de la recherche dans
les sciences de la vie et de ses applications, afin de conclure tous accords
nécessaires sur ces questions cruciales pour lhumanité.
7. En conclusion, nous, ministres de la science, participants ou représentés
:
Nous engageons à participer activementà la promotion
des principes énoncés dans la Déclaration universelle
sur le génome humain et les droits de lhomme et à
sa mise en uvre, notamment en nous en inspirant dans la formulation
de nos législations ou réglementations, et à en prévoir
les prolongements éventuels à loccasion de son évaluation
en 2002-2003,
Réitérons quil incombe aux Etats, conformément
à larticle 15 de la Déclaration universelle sur
le génome humain et les droits de lhomme, de sassurer
que les résultats des recherches en biologie et en génétique
sont utilisés exclusivement à des fins pacifiques,
Réaffirmons que le clonage à des fins de reproduction
dêtres humains est une pratique contraire à la dignité
humaine, conformément à larticle 11 de la Déclaration
universelle sur le génome humain et les droits de lhomme,
et considérons que les Etats membres devraient prendre des mesures
appropriées, y compris de caractère législatif ou
réglementaire, aux niveaux national et international, afin dinterdire
effectivement le clonage à des fins de reproduction dêtres
humains,
Réaffirmons, conformément à larticle
4 de la Déclaration universelle sur le génome humain
et les droits de lhomme, que le génome humain en
son état naturel ne peut donner lieu à des gains pécuniaires
et, conscients des préoccupations exprimées quant à
la brevetabilité du génome humain, estimons que ces préoccupations
méritent un examen plus approfondi,
Estimons que lUnesco, en tant quorganisation ayant
un rôle moteur en matière de bioéthique sur le plan
international, devrait poursuivre sa mission de forum intellectuel, renforcer
son action normative, dinformation, de sensibilisation et déducation,
et assumer son rôle de conseil auprès des Etats membres,
notamment par lintermédiaire de son Comité international
de bioéthique (CIB) et son Comité intergouvernemental de
bioéthique (CIGB),
Invitons lUnesco à favoriser la coopération
internationale et à explorer de nouveaux mécanismes, y compris
la création dun fonds international, pour le financement
dactivités déducation, de formation, de recherche
et diffusion de linformation, et de transferts de technologie relatives
au génome humain et à dautres sujets pertinents en
matière de bioéthique, ainsi quà mettre en
place des réseaux régionaux et internationaux de comités
nationaux déthique,
Invitons lOrganisation des Nations Unies et les institutions
spécialisées du système des Nations Unies à
faire largement appel à la compétence de lUnesco et
à lexpertise de ses deux comités précités
et dautres organisations compétentes dans lanalyse
et la formulation de propositions dans le domaine de la bioéthique,
afin déviter les doubles emplois,
Invitons lUnesco à examiner la possibilité
délaborer, en prenant comme point de départ la Déclaration
universelle sur le génome humain et les droits de lhomme,
un instrument universel sur la bioéthique, en y associant les comités
nationaux déthique et instances assimilées, en coopérant
avec les gouvernements des Etats membres et les organisations internationales
concernées en premier lieu lONU et les institutions
spécialisées du système des Nations Unies et dautres
organisations compétentes aux niveaux international et régional
et en consultant le secteur public et privé, la communauté
scientifique ainsi que les représentants de la société
civile.
8. Nous prions le Directeur Général de transmettre le présent
Communiquéaux Etats participant à la 31è session
de la Conférence Générale et de le diffuser très
largement auprès des instances internationales, régionales
et nationales concernées ainsi quauprès des organes
de presse.
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